Rwanda: Renvoi requis aux assises d’un ex-officier pour «complicité de génocide»

JUSTICE Militaire de carrière, l’homme de 53 ans est soupçonné de «complicité de génocide» et de «complicité de crime de guerre»...

Vincent Vantighem

— 

Mémorial du génocide à Nyamata au Rwanda, le 27 septembre 2009.
Mémorial du génocide à Nyamata au Rwanda, le 27 septembre 2009. — REBECCA BLACKWELL/AP/SIPA

C’est une première. Le parquet de Paris a confirmé à 20 Minutes, ce lundi matin, avoir requis le renvoi aux assises d’un ancien officier de l’armée rwandaise soupçonné de complicté dans le génocide de 1994. Arrêté à Mayotte en 2008, Pascal Simbikangwa, 53 ans, était un «officier des services de renseignements proche de l’ancien président rwandais», a confirmé une source judiciaire. Après avoir été transféré dans un établissement pénitentiaire de la Réunion, il est actuellement détenu en métropole.

Vers un premier procès en France ?

Il revient désormais aux deux juges d’instruction du pôle Génocides et crimes de guerre du Tribunal de grande instance de Paris de suivre ou non les réquisitions du parquet dans cette affaire et de mettre en accusation cet homme détenu dans la région parisienne. Dans un tel cas, cela pourrait donner lieu au premier procès en France d’un génocidaire rwandais présumé.
 

800.000 morts en trois mois

Né en 1959, Pascal Simbikangwa avait intégré en 1982 la garde présidentielle auprès du président Juvénal Habyarimana, dont l'assassinat en 1994 avait été l'événement déclencheur d'un génocide qui a fait 800.000 morts en trois mois selon l'ONU, essentiellement au sein de la population tutsi, mais également parmi les Hutu modérés.