Féminisme: La maison des Babayagas a ouvert à Montreuil

AFP

— 

L'idée, lancée en 1999, semblait tenir de l'utopie. Après 15 ans de combat, les féministes des Babayagas ont pourtant réussi à donner corps à leur projet: une résidence autogérée pour femmes âgées, inaugurée jeudi à Montreuil, aux portes de Paris.

Vingt-et-une colocataires âgées de 60 à 80 ans, installées dans des studios individuels au coeur d'un seul et même bâtiment... La structure, unique en son genre, va permettre à des femmes attachées à leur indépendance de «vieillir ensemble», «en toute liberté», explique Thérèse Clerc, fondatrice du projet.

Près de 4 millions d'euros de coût

Objectif affiché: changer le regard que porte la société sur la vieillesse, en proposant une alternative «solidaire et citoyenne» à la maison de retraite classique, mais aussi à l'isolement que constitue, pour beaucoup de personnes âgées, le maintien à domicile. «La vieillesse n'est pas une maladie, c'est le plus bel âge», assure Thérèse Clerc, 85 ans. «Le quart de la France a plus de 60 ans, nous sommes 17 millions de vieux... Pour changer notre regard sur la vieillesse, il faut apprendre à vieillir autrement», ajoute-t-elle.

La maison des Babayagas, qui emprunte son nom aux sorcières mangeuses d'enfants des contes russes, comprend 25 studios d'environ 35 m2, loués en moyenne 420 euros, mais aussi des locaux associatifs, destinés à recevoir une «université du savoir des vieux». Construite dans le centre-ville de Montreuil (Seine-Saint-Denis), à proximité immédiate du métro et de Paris, elle a coûté près de 4 millions d'euros, financés principalement par la ville, l'Etat, le conseil régional et l'office public de l'habitat montreuillois.