Affaire Tapie: Le domicile et le cabinet de Claude Guéant perquisitionnés

ENQUÊTE e rôle de l'Elysée dans l'arbitrage rendu en faveur de Bernard Tapie semble intéresser la Brigade financière...

Aurélie Delmas avec AFP
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Paris le 25 avril 2012. Interview de Claude Gueant ministre de l'interieur dans son bureau place Beauvau.
Paris le 25 avril 2012. Interview de Claude Gueant ministre de l'interieur dans son bureau place Beauvau. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Des perquisitions ont été menées ce matin au domicile et au cabinet de Claude Guéant, ancien ministre de l’Intérieur, par la Brigade financière parisienne, a-t-on indiqué ce mercredi de source proche du dossier, confirmant une information de France Info.

En toile de fond, une question: l'Élysée, dont Claude Guéant était secrétaire général entre 2007 et 2011, aurait-il incité le ministère de l'Économie à demander un arbitrage dans l'affaire Tapie? 

 

400 millions d'euros 

En 2007, Christine Lagarde, ministre de l’Économie, décide de recourir à un arbitrage pour solder le contentieux qui oppose Bernard Tapie au Crédit Lyonnais depuis 1993.

 

En juillet 2008, cet arbitrage est rendu en faveur de Bernard Tapie. Le tribunal arbitral, juridiction privée, décide le versement à Bernard Tapie de 285 millions d’indemnités, de plus de 400 millions d'euros avec les intérêts, et dont 45 millions au titre du préjudice moral, par le Consortium de réalisation (CDR), l'organisme chargé de gérer le passif du Crédit Lyonnais. Une décision qui avait été jugée litigieuse. 

 

Selon les informations de France Info, des documents retrouvés ce mercredi matin accréditeraient la thèse d'une influence de l'Élysée sur Bercy qui avait décidé cet arbitrage.*

 

Nombreuses perquisitions

Dans le volet non ministériel de cette affaire, trois juges d'instruction enquêtent sur la décision prise par le tribunal arbitral. De nombreuses perquisitions ont été réalisées ces dernières semaines, notamment aux domiciles de Bernard Tapie et de Stéphane Richard, qui était directeur de cabinet de Christine Lagarde au moment de l'arbitrage.