Exclusif: Deux nouvelles interpellations dans l’affaire Merah

William Molinié

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Photo montrant Mohamed Merah, l'auteur présumé des tueries de Toulouse et Montauban en mars 2012.
Photo montrant Mohamed Merah, l'auteur présumé des tueries de Toulouse et Montauban en mars 2012. — SIPA

UPDATE 18h17: Selon nos informations, un deuxième homme a été interpellé

Selon des informations recueillies par 20 Minutes, deux individus, qui «ont gravité dans l'environnement de Mohamed Merah», ont été interpellés ce mardi par des policiers de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) à Toulouse (Haute-Garonne).

Le premier a été arrêté mardi matin à son domicile toulousain, où les policiers ont retrouvé 20.000 € en numéraire ainsi que de la cocaïne et du cannabis. Cet individu est décrit comme un «trafiquant de drogue» par une source policière, qui émet toutefois des réserves quant à son «implication directe» dans les meurtres de Merah. D'après nos informations, ses empreintes génétiques auraient été prélevées sur des billets de banque saisis dans la Clio du tueur stationnée à proximité de son domicile, rue Sergent-Vigné, dans le quartier de la Côte Pavée à Toulouse.

Le second, dont l'interpellation avait été programmée au même moment, tôt mardi matin, a finalement été arrêté dans l'après-midi, nous a indiqué une source policière, confirmant une information de La Dépêche du Midi. Selon nos informations, son ADN aurait aussi été retrouvé dans le même véhicule utilisé par Mohamed Merah. Les policiers estiment son profil «plus sérieux» mais appellent toutefois à la prudence.

Interpellés puis relâchés

Depuis un peu moins d’un an, les policiers du renseignement intérieur tentent de mettre la main sur d’éventuels complices de Mohamed Merah. Ils agissent dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour «complicité» au pôle anti-terroriste du tribunal de grande instance de Paris.

Deux individus, des «relations des Izards» –une cité de Toulouse où a grandi Merah– avaient ainsi été arrêtés fin janvier avant d’être remis en liberté, sans qu’aucune charge ne soit retenue contre eux. Début décembre 2012, un autre homme de 38 ans, converti à l’islam, avait lui aussi été placé en garde à vue, puis relâché sans être mis en cause. A sa sortie, il s’était estimé «accusé à tort» et avait indiqué qu’il comptait attaquer l'État pour obtenir réparation du «préjudice moral» subi.

A la recherche du troisième homme

Cette nouvelle interpellation survient alors que les familles des militaires tués par Mohamed Merah ont été reçues lundi par les juges d’instructions. A leur sortie, elles avaient exprimé leur «très grande frustration» au sujet de l’avancement de l’enquête. Les proches des victimes de l’école juive de Toulouse doivent à leur tour être entendus ce mardi. Le procureur de Paris a par ailleurs demandé presque un an après les faits le maintien en détention du frère du tueur, Abdelkader Merah, mis en examen pour complicité.

Les juges de la galerie Saint-Eloi sont toujours à la recherche de l’identification d’un «troisième homme», présent lors du vol du scooter qui a servi aux tueries par Mohamed Merah. Une version qu’Abdelkader Merah leur a confirmé sans toutefois dévoiler l’identité de cet individu.