Demande d'interdiction du livre de Marcela Iacub: DSK produit un mail où l'auteur avoue s'être servie de lui

POLEMIQUE «Il m'a fallu faire croire que j'étais éprise de toi», affirmerait l'écrivaine dans ce courrier personnel envoyé à DSK en octobre...

avec AFP

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Dominique Strauss-Kahn, le 11 décembre 2012, à Paris.
Dominique Strauss-Kahn, le 11 décembre 2012, à Paris. — Jacques Brinon/AP/SIPA

Dominique Strauss-Kahn est arrivé ce mardi matin au palais de justice de Paris pour assister à l'audience d'examen de sa demande d'interdiction du livre de l'essayiste Marcela Iacub, Belle et bête. DSK est arrivé peu avant 10h et a dû s'abriter au greffe de la XVIIe chambre correctionnelle pour échapper à la foule des journalistes présents. L'ex-directeur général du FMI a assigné en référé (procédure d'urgence) Marcela Iacub et son éditeur, Stock, pour «atteinte à l'intimité de la vie privée».

 

 

Un mail de Iacub à DSK prouverait la «machination»

Lors de l'audience, Dominique Strauss-Kahn s'est dit «choqué» par le texte «méprisable et mensonger» que représente à ses yeux le livre de Marcela. Devant la juge des référés Anne-Marie Sauteraud, DSK a dénoncé un texte qui fait «fi de la dévastation» de sa «vie privée», de sa «vie familiale», «de la psychologie de (ses) enfants». Il s'est dit «horrifié» par le procédé «malhonnête» utilisé, qui n'a «d'autre objet que mercantile».

DSK a déploré que l'on «tire sur un homme qui est déjà assez à terre».  «Cette affaire me dépasse très largement», a ajouté l'ancien patron du FMI, s'exprimant d'un ton grave. Il a demandé à la justice de mettre un «coup d'arrêt» aux pratiques d'éditeurs, de journalistes «prêts à n'importe quoi pour faire de l'argent».

Selon Me Jean Veil, l'un des conseils de DSK, son client est victime d'une «véritable machination», d'un «véritable piège». Il a lu un mail de Marcella Iacub adressé à son client, dans lequel elle explique que sa «conscience» la «travaille». Elle dit avoir été «utilisée», affirmant qu'elle ne voulait pas «nuire» à DSK, selon le texte lu par l'avocat. «Il m'a fallu faire croire que j'étais éprise de toi», selon ce message dans lequel elle demande «pardon» à DSK, lui recommandant d'effacer ce message.

 

 

Mesure rarissime

L'ex-ministre demande l'insertion d'un encart dans chacun des exemplaires de Belle et Bête, ainsi qu'«à titre subsidiaire» une interdiction de diffusion du livre à paraître mercredi.

Une telle mesure est rarissime. Le dernier exemple recensé remonte à 2004 concerne le livre d'une ancienne prostituée de l'affaire Alègre. En 1996, deux jours après la mort de François Mitterrand, le livre de son ancien médecin, détaillant le cancer de l'ancien président, est retiré de la vente. Après une condamnation de la France par la Cour européenne des Droits de l'Homme, l'ouvrage a finalement été réédité en 2005.

«Une femme qui séduit pour écrire un livre»

Dans Belle et Bête, Marcela Iacub relate sa liaison avec Dominique Strauss-Kahn de janvier à août 2012. Même si l'ancien ministre n'est jamais nommément désigné dans le livre, l'auteur confirme dans un long entretien au Nouvel Observateur qu'il s'agit bien de DSK, tout en précisant que l'ouvrage contient des éléments de fiction. Le personnage principal y est décrit comme un être «mi-homme mi-cochon».

Dans un courrier à Jean Daniel, un des fondateurs de l'hebdomadaire, publié jeudi sur le site du Figaro, DSK a dit son «dégoût» et fustigé «le comportement d'une femme qui séduit pour écrire un livre, se prévalant de sentiments amoureux pour les exploiter financièrement». Une «opération qui donne la nausée», a-t-il dénoncé.

L'ancien favori dans la course à la présidentielle demande 100.000 euros de dommages et intérêts solidairement à Marcela Iacub et à son éditeur, Stock, et la même somme au Nouvel Observateur, qui avait publié une interview de l'auteur ainsi que des extraits du livre. DSK demande également la publication d'un communiqué judiciaire couvrant l'intégralité de la Une de l'hebdomadaire. A l'issue de l'audience qui doit se dérouler à partir de 10h au tribunal de grande instance de Paris, la juge Anne-Marie Sauteraud devrait rendre sa décision rapidement, le jour même ou dans les prochains jours.