Vacances scolaires: Vincent Peillon en zone à risque

EDUCATION Le ministre suggère de raccourcir les congés d'été et de les répartir géographiquement...

Delphine Bancaud

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Vincent Peillon tente de convaincre les villes d'appliquer la semaine de 4,5 jours dès 2013.
Vincent Peillon tente de convaincre les villes d'appliquer la semaine de 4,5 jours dès 2013. — G. SOUVANT / SIPA

Des propos qui risquent d'alimenter le trouble sur la réforme des rythmes scolaires. Vincent Peillon a préconisé dimanche sur BFMTV de raccourcir des vacances scolaires d'été à six semaines au lieu de deux mois et qu'elles soient réparties en deux zones. Avant de nuancer ses propos en expliquant que le projet ne serait pas envisageable avant 2015.

«Sans aucune concertation, il balance ça comme ça», a immédiatement commenté Xavier Bertrand (UMP) sur LCI. De fait, les paroles du ministre de l'Education nationale pourraient compliquer sa tâche, alors qu'il mutiplie les déplacements pour assurer le service après-vente de sa réforme et tenter de convaincre un maximum de municipalités de l'appliquer dès 2013. Une partie loin d'être gagnée, beaucoup de grandes villes, dont certaines de gauche, ayant indiqué qu'elles ne passeraient à la semaine de 4, 5 jours qu'en 2014. «Si peu de communes se lancent en 2013, il faudra s'interroger», déclare Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp. Un retard à l'allumage serait interprété comme un désaveu de la politique de Vincent Peillon, qui a fait de cette réforme la base de sa refondation de l'école.

Un malaise sous-estimé

Le ministre pensait pourtant que cette réforme ne serait qu'une formalité, puisque les rapports de différents experts la préconisaient. Les syndicats d'enseignants et les fédérations de parents d'élèves y étaient aussi favorables. «Mais Vincent Peillon ne l'a pas suffisamment préparée avec les collectivités et a sous-estimé le malaise des enseignants du premier degré. La réforme a cristallisé leur mécontentement», explique Christian Chevalier, secrétaire général du SE-Unsa. Le ministre pensait aussi que la création d'un fonds de 250 millions d'euros, pour aider les communes les plus pauvres à appliquer la réforme dès 2013, lui permettrait de dissiper les craintes d'un creusement des inégalités territoriales via ces nouveaux rythmes. En vain.

Pour sortir de l'impasse, Vincent Peillon souhaitait aussi braquer les projecteurs sur d'autres sujets dans les semaines à venir. «Le débat sur la loi de refondation de l'école démarrant mi-mars, on va aborder l'éducation prioritaire, la formation des enseignants, la révision des programmes…», souligne Christian Chevalier. Reste à savoir si les propos de dimanche ne vont pas accentuer le climat de suspicion des enseignants et de certains maires sur cette réforme.