Père sur une grue: Les pères divorcés veulent plus d'égalité

DECRYPTAGE Dans le sillage du père de famille qui est monté en haut d'une grue à Nantes, les associations de papas divorcés protestent contre le manque de considération dont elles s'estiment l'objet...

Alexandre Sulzer
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Nicolas Moreno, membre de l'association «SVP Papa», est retranché dans une grue Titan sur les chantiers navals de Nantes, le 16 février 2013.
Nicolas Moreno, membre de l'association «SVP Papa», est retranché dans une grue Titan sur les chantiers navals de Nantes, le 16 février 2013. — AFP PHOTO / FRANK PERRY

«Les tensions se cristallisent, il n’y a rien pour les papas dans la future loi famille. Les actions risquent de redoubler, nous n’avons plus les moyens de retenir la base», met en garde Fabrice Mejias, président de SOS Papa. Son association sera reçue cette semaine par la ministre de la Justice, Christiane Taubira, et celle de la Famille, Dominique Bertinotti, après que plusieurs papas divorcés ont mené des actions sur des grues de Nantes.

Les trois quarts des enfants chez leurs mères

Selon le ministère de la Justice, dans 76,8% des cas de divorce en 2010, les enfants sont hébergés chez leur mère en résidence principale. Seuls 7,9% vivent chez leur père et 14,8% bénéficient d’une résidence alternée (aussi bien chez l’un que chez l’autre). Autre objet de frustration pour les pères: la frilosité de la justice lorsque les mères soustraient les enfants aux pères dans le cadre de leur droit d’hébergement. Selon l’association Contre l’aliénation parentale, sur les 26.000 plaintes déposées en 2010 pour «non-représentation d’enfant», seules 16,4% ont donné lieu à des poursuites et 4,5% à peine à des condamnations.

«Les lois existantes sont équitables mais mal appliquées», s’insurge Yann Vasseur, président de SVP Papa qui dénonce une «ségrégation sexuelle». En cause selon lui: «la mysogynie de beaucoup de juges, pour qui c’est aux femmes de changer les couches». Les associations demandent que les magistrats étudient la résidence alternée comme première solution dans chaque dossier. Libre ensuite au juge de l’écarter. Dominique Bertinotti a reconnu dimanche qu’on «ne peut pas vouloir à la fois l’égalité homme-femme, et en même temps, ne pas entendre les revendications des pères qui entendent assumer à parts égales leurs responsabilités».