Second père retranché dans une grue: «Solidaire de son frère d’armes»

INTERVIEW Brigitte Volmat, la mère de Nicolas Moreno, qui s'est retranché dans une grue sur les chantiers navals de Nantes en soutien à Serge Charnay, raconte à «20 Minutes» ses motivations...

Propos recueillis par Guillaume Frouin

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Nicolas Moreno s'est retranché en haut d'une grue Titan, sur les chantiers navals de Nantes, le 16 février 2013.
Nicolas Moreno s'est retranché en haut d'une grue Titan, sur les chantiers navals de Nantes, le 16 février 2013. — FABRICE ELSNER / 20 MINUTES

Un second père de famille séparé de ses enfants s’est hissé ce samedi en haut d’une ancienne grue du port de Nantes. Nicolas Moreno, un grimpeur-élagueur de 34 ans venu spécialement de Romans-sur-Isère (Drôme), y a déployé une banderole «Pères en galères, pères solidaires», en soutien à Serge Charnay, qui avait fait de même la veille sur une grue voisine. Sa mère, Brigitte Volmat, raconte à 20 Minutes ses motivations.

Quel est le but de l’action de votre fils?

Nicolas n’entend pas mener un siège. Il va redescendre tout à l’heure à 17h pour tenir une conférence de presse sur la situation des papas séparés, qui voient leurs droits bafoués. Il est simplement monté par solidarité avec son frère d’armes, Serge Charnay, qui était venu le soutenir en novembre lors de sa grève de la faim [qui a duré du 16 novembre au 15 décembre devant le tribunal de grande instance de Valence (Drôme), puis à Paris].

Pourquoi votre fils a-t-il entamé cette grève de la faim?

La mère de ses deux fils est partie en août soi-disant pour des vacances, mais elle n’est en fait jamais revenue : elle a déménagé dans les Landes, dans un endroit que la justice a retenu comme lieu de résidence principale des enfants. Mon fils, qui dispose de l’autorité parentale conjointe, doit donc faire les déplacements à ses frais. Il a fait appel de cette décision, et la décision doit être rendue mardi.

En quoi est-ce important pour vous de vous engager à ses côtés?

En tant que grand-mère, je subis les dommages collatéraux de cette décision. Moi-même, en tant que maman divorcée, j’ai tout fait pour que mes enfants gardent le contact avec leur père, en habitant à 500 mètres de chez lui… Je ne comprends pas ces mères qui cherchent à casser le lien qui unit un père à ses enfants.