Nantes: Le père en haut d'une grue se dit «victime» du pouvoir judiciaire

TÉMOIGNAGE etranché en haut d'une grue depuis ce vendredi matin, le père de Benoit explique à «20Minutes» les raisons de son action symbolique...

Nantes, Guillaume Frouin

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 Un homme retranché dans une grue à Nantes le 15 février 2013
 Un homme retranché dans une grue à Nantes le 15 février 2013 — FRANK PERRY / AFP

Qu’on se rassure, Serge Charnay n’a pas l’intention de se suicider. Ce père de famille de 43 ans, séparé de son fils depuis deux ans et retranché depuis vendredi matin en haut d’une ancienne grue du port de Nantes, veut d’abord porter un coup de projecteur sur la manifestation à laquelle il va prendre part mercredi (10h) dans la ville.

Une manifestation pour «dénoncer les dérives du Pouvoir Judiciaire». «Les juges aux affaires familiales excluent les pères du quotidien de leurs enfants depuis les années 70, et les procureurs classent sans cesse nos plaintes pour non-représentation d'enfant», estime l’association «SVP Papa», qui le soutient.

«Pas de limites»

Serge Charnay en est «une victime» : il a fait quatre mois de détention provisoire entre septembre 2011 et janvier 2012, après avoir enlevé son fils Benoit – âgé aujourd’hui de 6 ans et demi – des mains de ses grands-parents maternels. «Je l’ai emmené en vacances en Ardèche», explique cet ancien informaticien au RSA, sans domicile fixe, joint au téléphone ce vendredi du haut de sa grue par 20 Minutes. «J’avais simplement éteint mon téléphone, et cessé d’utiliser ma carte bancaire.»

Avant de grimper en haut de la grue, ce vendredi à 4h30 du matin, l’homme «s’est entraîné dans des arbres» avec du matériel d’escalade, acheté pour l’occasion. Pour autant, il n’entend pas en partir sous la contrainte, alors qu'un hélicoptère ont survolé les abords de la zone. «Je ne me suis pas fixé de limite», poursuit-il. «Je suis déjà content qu’on parle des papas: je ne m’attendais pas à un tel déferlement de médias.»