Tours: L'organisation de mariages chinois par la mairie intéresse la justice

JUSTICE Quatre personnes dont une ancienne employée municipale ont été mises en examen...

E.O.

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Des mariés chinois devant le château de Chenonceau, près de Tours, le 9 octobre 2007.
Des mariés chinois devant le château de Chenonceau, près de Tours, le 9 octobre 2007. — ALAIN JOCARD / AFP

Il fut un temps où l’opération était très en vogue. Jusqu’en 2010, la mairie de Tours (Indre-et-Loire) proposait aux jeunes couples chinois des «Noces romantiques en Touraine», à savoir un séjour clé-en main, contre quelques milliers d'euros, avec séance de maquillage et de coiffure, cérémonie devant monsieur le maire dans la salle des mariages et photos des tourtereaux sur les bords de la Loire. Une certaine idée de l’amour à la française.

Aujourd’hui, la carte postale s’assombrit. Quatre personnes ont été mises en examen depuis fin janvier, notamment pour escroquerie, détournement de fonds publics, prise illégale d’intérêt et emploi fictif, raconte Libération dans une enquête ce vendredi.

800.000 euros en quatre ans

L’une des mises en causes, Lise Han, était à l’époque à la fois employée municipale chargée des relations France-Chine et responsable de la société Lotus bleu, chargée d’organiser des événements culturels relatifs à la Chine. Elle est suspectée d’avoir touché en quatre ans environ 800.000 euros d’argent public, en confiant à sa propre entreprise les contrats des «Noces romantiques».

Le Canard enchaîné révèle l’affaire en août 2011. En novembre de la même année, le parquet ouvre une enquête préliminaire et Lise Han quitte son poste à la mairie pour devenir «chargée de mission développement touristique international» - un poste que la justice soupçonne d’être fictif.

La mise en cause nie tout détournement de fond et assure à Libération que «l’argent gagné correspondait à du véritable travail». Elle affirme également ne pas connaître les règles régissant les marchés publics et avoir simplement suivi les ordres donnés par sa hiérarchie. Son avocat souhaite maintenant qu'elle soit rapidement confrontée au sénateur-maire PS de Tours, Jean Germain. Ce dernier a simplement indiqué cette semaine au quotidien régional La Nouvelle République qu’il «ne se cache absolument pas derrière (l’) immunité (parlementaire)». «Si un juge souhaite m'entendre, je répondrai à ses questions.»