Scandale de la viande de cheval: Bercy accuse Spanghero

ALIMENTAIRE La tromperie serait volontaire, selon les trois ministres chargés du dossier...

Claire Planchard

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Le site de Spanghero, dans l'Aude.
Le site de Spanghero, dans l'Aude. — J.-P. Arles / Reuters

Les mises en cause tombent. Pour les enquêteurs de Bercy, il est établi que c'est Spanghero, le professionnel de la viande basé à Castelnaudary (Aude) et fournisseur du fabricant de surgelés Comigel, qui est à l'origine de l'affaire. «L'enquête démontre que Spanghero savait qu'il étiquetait potentiellement "bœuf" de la viande chevaline», a déclaré jeudi le ministre délégué à la Consommation, Benoît Hamon.

 

 

 

Agrément sanitaire suspendu

Pour Bercy, la viande de cheval achetée à la société roumaine via deux traders chypriote et néerlandais était en effet bien signalée comme telle par les codes douaniers et le contrat de transport de marchandises. Et Spanghero aurait aussi dû être alerté par un prix d'achat bien inférieur à celui du bœuf. Le groupe, dont l'agrément sanitaire a été suspendu pour dix jours, assure avoir agi de bonne foi: «Spanghero n'a jamais commandé de viande de cheval et n'a jamais su ce qu'elle revendait», expliquait jeudi soir un représentant.

Le dossier a été transmis à la justice, mais l'enquête continue pour établir d'éventuelles complicités. Ce circuit portant sur 750 tonnes de viande depuis six mois aurait rapporté 550 000 €.