Sanctions contre les élèves: Jusqu’où les profs peuvent-ils aller?

Isabelle Raynaud

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Photo d'illustration d'élèves dans une classe.
Photo d'illustration d'élèves dans une classe. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Un collectif de parents d’élèves de Biscarosse (Landes) vient de porter plainte contre un professeur de sport de collège pour des faits de violences et de harcèlement. «Des faits de violences physiques, d'humiliation, des claques, des insultes, entrée dans les douches des filles quand elles sont en tenue d'Eve. Ce n'est pas facile pour moi de vous raconter tout cela. Nous avons des attestations qui sont beaucoup plus bouleversantes que cela», a déclaré à RTL une des mères du collectif.

Le professeur est en arrêt maladie depuis le début de la semaine et l’Inspection académique des Landes a assuré à la radio que «s’il y a eu faute professionnelle (…), elle sera sanctionnée.»

Respect du code pénal

Si en cas d’insultes ou de coup, il est certain que le professeur a dépassé les bornes, quelles sont les limites imposées aux enseignants? «Tout châtiment corporel est interdit mais il n’y a pas de code de comportement», explique à 20 Minutes Stéphane Crochet, le délégué national «Ecoles» du syndicat SE-UNSA.

«Le milieu scolaire n’est pas un milieu hors le monde et hors-la-loi. Le code pénal s’applique dans les écoles.» Le harcèlement et les insultes sont donc proscrits de la salle de classe, dans un sens comme dans l’autre. Ni plus, ni moins. Les relations à l’intérieur d’une salle de classe sont bien moins codifiées que dans une entreprise.

«L’enseignant peut se sentir démuni et peu soutenu. Du point de vue des familles, au contraire, on peut avoir l’impression que l’enfant n’est pas assez protégé», déclare Stéphane Crochet. Pas question cependant de réclamer un code de conduite en classe, comme au Royaume-Uni où le simple fait de toucher un élève ou de rester seul dans une salle avec lui peut être réprimé.

Minimiser les risques de dérapages par la formation

«On travaille sur de la relation humaine, les enseignants font comme les parents, ils s’adaptent», affirme le délégué syndical qui reconnaît que «quand un collègue est en difficulté, on a assez peu de ressources». Et des difficultés naissent parfois les dérapages.

Sur ce point, Stéphane Crochet regrette le manque de formation des professeurs. «On recrute un prof de maths parce qu’il est bon en maths. Ça ne suffit pas à réussir à faire passer un savoir. Cela fait cinq ans qu’on a abandonné l’apprentissage de la conduite d’un groupe en formation initiale et la formation continue est au niveau zéro…», déplore-t-il. «Etre prof, c’est un métier qui s’apprend, pas seulement une vocation!»