Une centaine de salariés de PSA Aulnay manifestent près de l'Elysée

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Le ministre du Travail, Michel Sapin, a chargé jeudi le directeur du travail responsable de Seine-Saint-Denis, Marc Leray, de "favoriser le retour au calme et le rétablissement du dialogue" dans l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), théâtre de "tensions de plus en plus fortes".
Le ministre du Travail, Michel Sapin, a chargé jeudi le directeur du travail responsable de Seine-Saint-Denis, Marc Leray, de "favoriser le retour au calme et le rétablissement du dialogue" dans l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), théâtre de "tensions de plus en plus fortes". — Loic Venance afp.com

Une centaine de salariés de l'usine PSA Peugeot Citroën d'Aulnay ont manifesté jeudi à Paris à proximité de l'Elysée pour dénoncer l'accord sur le plan de sauvegarde de l'emploi et réclamer la nomination d'un médiateur, a constaté une journaliste de l'AFP.

L'usine d'Aulnay-sous-Bois, qui emploie 2.800 personnes, doit fermer en 2014. Elle est quasiment à l'arrêt depuis un mois en raison d'une grève à l'appel de la CGT.

Mardi, une majorité d'organisations syndicales ont émis un avis favorable au plan social annoncé en juillet prévoyant la suppression de 8.000 emplois auxquels doivent s'ajouter 1.500 départs naturels non remplacés. Mais la CGT, qui représente 23% des salariés, y est fortement opposée, dénonçant un accord de honte.

«Marre des promesses»

Regroupés derrière une banderole «Non à la fermeture d'Aulnay», les salariés rassemblés à l'appel de la CGT, de Sud et de la CFTC, ont crié «Le changement c'est maintenant, il y en a marre des promesses!» ou «Interdiction des licenciements».

La rue était barrée par plusieurs cars de CRS et d'autres véhicules de police étaient positionnés dans les rues alentour.

«Nous voulons la confirmation d'un médiateur par le gouvernement. On nous l'a promis depuis deux jours, mais il n'y a eu aucun communiqué officiel depuis», a déclaré Jean-Pierre Mercier, délégué CGT.

Une délégation d'une dizaine de syndicalistes a été reçue par Michel Yahiel, le conseiller social de François Hollande.

«Des tensions entre la CGT et les autres syndicats»

A l'issue de l'entrevue, Jean-Pierre Mercier a indiqué à la presse avoir eu la «confirmation qu'un médiateur a été nommé», ce que la présidence de la République, interrogée par l'AFP, a refusé de confirmer, renvoyant pour toute communication au cabinet du ministre du Travail Michel Sapin.

Réfutant le terme de «médiateur», une source gouvernementale a expliqué à l'AFP que le ministère du Travail s'apprêtait à «désigner le directeur du travail de Seine-Saint-Denis pour une mission de bons offices destinée à ramener le calme sur le terrain».

«Manifestement il y a des tensions entre la CGT et les autres syndicats, avec une direction qui de son côté a du mal à sortir des méthodes musclées», a-t-on poursuivi de même source, «il fait faire baisser ces tensions».

Pour le délégué CGT Jean-Pierre Mercier cette revendication d'un «médiateur» a pour objectif de «rouvrir le dossier de la fermeture, continuer les négociations sur les conditions de la fermeture» de l'usine d'Aulnay. Il a appelé les salariés à poursuivre la grève.

La manifestation aux abords de l'Elysée s'est dispersée sans incidents.