Nantes: Un homme s'immole par le feu devant Pôle emploi

FAITS-DIVERS Chômeur en fin de droits, il avait averti Pôle emploi le matin même de son intention de se suicider...

Frédéric Brenon

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Une enquête judiciaire a été ouverte.
Une enquête judiciaire a été ouverte. — F. Elsner / 20 Minutes

Un homme de 42 ans a trouvé la mort mercredi en s'immolant par le feu devant l'agence Pôle emploi de Nantes-Est, près de la route de Sainte-Luce. Chômeur en fin de droits, ce Nantais a averti, le matin-même, Pôle emploi et des médias locaux de son intention de se suicider. Une médiation a été ouverte «pour rechercher avec lui les solutions possibles» et un dispositif de surveillance a été mis en place par la police.

Parvenant malgré tout à échapper à leur vigilance, l'homme est revenu à l'agence vers midi, avant de passer à l'acte. Il est mort sur le parking avant que les secours aient pu intervenir. Les personnels de l'agence, «extrêmement choqués», ont reçu un soutien psychologique. Le ministre du Travail, Michel Sapin, est allé à leur rencontre en début de soirée.

 

 

Réouverture de droits refusée

 

 

Le désespéré avait déposé fin décembre une demande d'allocation suite à une fin de mission intérim. Ayant bénéficié de versements indus pendant cette activité, Pôle emploi aurait, comme le prévoit la réglementation, refusé la réouverture de ses droits tout en réclamant le trop-perçu, explique une source proche du dossier. «Cette règle est synonyme de double-peine pour les chômeurs, dénonce Julien Chaillou, délégué régional CGT à Pôle emploi. Même si un acte aussi déterminé était difficile à prévoir, ce drame ne nous surprend pas totalement. La hausse de la pauvreté, l'absence de perspectives d'avenir, placent les agents face à des situations de plus en plus critiques.» Une enquête judiciaire a été ouverte.