Démission de Benoît XVI: «S'il s’agissait d'une décision humaine, ce serait une catastrophe»

Alexandre Sulzer

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Une messe en l'église Saint Louis d'Antin à Paris, le 11 février 2013.
Une messe en l'église Saint Louis d'Antin à Paris, le 11 février 2013. — V. WARTNER / 20 MINUTES

«Je ne vous crois pas!» A la sortie de Saint-Louis d’Antin (Paris 9e), les fidèles se montrent incrédules face à la nouvelle: le pape Benoît XVI a démissionné. Laurent, un Parisien de 47 ans, après quelques minutes de balbutiement, se raisonne: «C’est un intellectuel. Il a pris cette décision en âme et conscience et pour le bien de l’Eglise.» Par contre, Laurent s’avoue «interrogatif» sur l’avenir. «Au moment où l’Eglise traverse des moments difficiles, où elle est attaquée de toutes parts, il faut quelqu’un de solide sur le plan théologique comme l’était Benoît XVI.» Confiance dans la décision mais inquiétudes sur l’identité du remplaçant semblent largement partagées chez les croyants rencontrés.

«Un acte de courage spirituel et humain»

Xavier, 58 ans, «de sensibilité traditionaliste», est venu prier exprès pour le pape «et son successeur». «Je suis attristé car Benoît XVI a fait beaucoup pour la tradition. J’ai des craintes par rapport au nouveau pape.» Et Xavier de s’en remettre à la «grâce de Dieu». «S’il s’agissait d’une décision humaine, ce serait une catastrophe, complète Jean-Marc, un habitant de Saint-Germain-en-Laye de 45 ans. Mais cette démission est inspirée de l’Esprit-Saint. C’est un acte de courage spirituel et humain.» Loin d’être un pape de transition, Benoît XVI a été un «grand pape qui a mené un combat: l’unité dans l’Eglise grâce au rapprochement avec les Anglicans et la Fraternité Saint Pie X». Mais il reconnaît que ce départ constitue «une épreuve pour le pape et pour l’Eglise car il s’agit d’une transition provoquée».

«Qu’il se repose et se prépare à monter au ciel»

Pas de quoi inquiéter Caroline, 33 ans, pour qui la démission du pape est une «bonne nouvelle», dans la mesure où elle prouve que «la volonté de Dieu ne dépend pas des forces» du Saint-Père. «Il est à l’écoute de Dieu et il est capable de se respecter: c’est donc un sage.» «Qu’il se repose et se prépare à monter au ciel», anticipe déjà Pierre, 67 ans, serein. «J’espère qu’il n’a pas cédé à des pressions extérieures», s’inquiète son ami, Thierry, 56 ans. Lui aimerait que le prochain pape «soit fidèle à la parole de Dieu», comme l’était Benoît XVI car, glisse-t-il, «il y a des bruits qui courent selon lesquels tous les évêques ne seraient pas fidèles à la foi chrétienne». «L’Antéchrist finira par prendre la place du pape.»