Etude: Les policiers détaillent leur blues

SOCIETE Près de 13.000 policiers ont répondu à une enquête commandée par le syndicat Alliance...

William Molinié

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F. SCHEIBER / 20 MINUTES

Malaise au sein de la police nationale. Problème de management, reconnaissance quasi absente, conditions de travail difficiles…

Une enquête menée par un chercheur du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), commandée et dévoilée mercredi par Alliance, deuxième syndicat des gardiens de la paix, met en lumière le blues de la profession. Interrogés entre mai 2011 et janvier 2012, près de 13.000 policiers ont répondu de façon anonyme aux 250 questions de l'enquête.

 

La hiérarchie, facteur de stress

Les premières doléances concernent la hiérarchie. «Le supérieur (…) ne semble pas spécialement être apprécié par les membres de son équipe», écrit Mathieu Molines, le responsable de l'étude. Trop «directive» et «pas assez impliquée dans la vie quotidienne des policiers», la hiérarchie serait un de leurs premiers facteurs de stress.

Selon l'enquête, les policiers se sentent incompris. Ils admettent que la police «souffre d'une mauvaise réputation (68,6%)», ce qui entraînerait des «relations difficiles» avec la population. 85% d'entre eux estiment que la justice discrédite leur travail, «en relâchant les délinquants facilement».

Ils sont encore davantage (87%) à penser que la presse dévalorise leur travail. Sur le terrain, les forces de l'ordre reconnaissent avoir subi entre trois et cinq agressions verbales au cours des six derniers mois. Un tiers d'entre eux auraient vécu plus de 10 agressions. Malgré tout, 80% d'entre eux disent être fiers d'appartenir à la police nationale.