Nice: La capitale de la côte d'Azur s'offre un nouveau visage

INTERVIEW En cinq ans, la municipalité Estrosi a multiplié les chantiers...

Dossier réalisé par Jean Christophe Magnenet, et Aurélie Selvi, à Nice

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Le maire UMP de Nice, Christian Estrosi.
Le maire UMP de Nice, Christian Estrosi. — J.C. MAGNENET/ANP/20 MINUTES

Premier quotidien national de France implanté dans 40 villes et touchant 96% des actifs urbains, 20 Minutes poursuit sa série d'interviews de maires de grandes villes, à un an des élections municipales.

Aujourd'hui: Christian Estrosi, maire (UMP) de Nice.

D'est en ouest, Nice est en chantier. Depuis qu'il en est devenu le maire (en 2008), Christian Estrosi a lancé une foule de projets. Certains font l'unanimité, comme l'aménagement des jardins de la coulée verte. D'autres, comme la réalisation d'une ligne de tramway en partie souterraine, cristallisent les tensions.

Opposants de gauche, d'extrême droite, écologistes, membres de la société civile, et même anciens élus de la majorité Estrosi se sont ligués contre ce projet coûteux pour la municipalité, en déposant un recours devant la justice. A l'approche des municipales, cette alliance hétéroclite restera-t-elle soudée?

Christian Estrosi, lui, pourra, s'appuyer sur les chantiers en cours pour briguer un deuxième mandat. Car s'il jure ne pas penser à 2014, «pas même le matin en [se] rasant», nul doute que le nouveau vice-président de l'UMP souhaitera garder son fauteuil. Et si l'interdiction du cumul des mandats venait à être votée? «Je choisirai Nice», martèle le député-maire.

Alors que votre mandat touche à sa fin, quelle est votre plus grande réussite?


Il n’y en a pas qu’une seule ! Il y en a une centaine, indissociables, autant dans le contenu que dans le contenant. L’objectif, dans cette période de crise, c’est de donner de l’attractivité à la ville, et de diversifier son activité économique. Nice est la première destination touristique de France, après Paris. Nous avons 1.200 événements par an, contre 520 auparavant. Nous avons engagé une forte diversification dans le domaine industriel: l’Eco-Vallée est totalement dédiée à l’éco-industrie et à la croissance verte, avec 22.000 à 23.000 emplois qui seront créés.

Quels autres projets ont fait changer Nice?

Le grand stade, on l’a sorti en quatre ans. Quand on voit le temps que ça peut prendre dans d’autres villes… Ensuite, la coulée verte  11 hectares en coeur de ville qui métamorphosent complètement le Nice historique. Il y a aussi la gare du Sud, qui était une friche depuis trente ans et où vont s’installer la médiathèque, une halle marchande et un multiplexe. Enfin, la gare Thiers va devenir un projet majeur de la SNCF.

Avez-vous un regret?

Nous ne pouvions pas aller plus vite que ça. Il fallait d’abord poser les fondations: quand je suis arrivé, il n’y avait pas de programme pluriannuel d’investissements, pas de plan local d’urbanisme, la ligne 1 du tramway n’était intégrée à aucun schéma de transport...

Nice n’a pourtant toujours pas de TGV...

Je fais la gare, on aura le deuxième aéroport de France, une ligne ferroviaire à grande vitesse, une gare routière avec des parcs relais… Aucun autre endroit en Europe n’offre ça. Je reste pragmatique: on va faire la LGV de l’aéroport jusqu’au Muy (Var), et on
aura une liaison à grande vitesse jusqu’à Vintimille (Italie) en 2018, où arriveront les TGV depuis Milan et Gênes. Mais Nice n’est pas sinistrée par l’absence de TGV. Le TGV serait un plus, mais notre force, c’est l’aéroport.

Envisagez-vous, comme certaines villes de France, de désarmer la police municipale?

Celle de Nice est la plus importante de France. Je ne vais sûrement pas les désarmer. Comment un délinquant peut-il craindre un policier désarmé, qui devient une cible vivante? Quand on voit le niveau de délinquance de villes comme Toulouse ou Marseille, où la police municipale est désarmée… La mienne travaille 24 heures/24, avec 2.700 arrestations en flagrant délit l’an dernier. Ce que craignent les délinquants, c’est d’être arrêtés. Cette crainte est réelle ici, car on a créé un réseau pour ça. On est aussi la ville la plus vidéo-protégée de France.

Allez-vous vous représenter?


Les Niçois m’ont élu pour six ans. Je ne pense qu’à respecter mes engagements vis-à-vis d’eux.