Bébé mort in utero: «On m'a dit qu’il y avait trop de mamans»

TEMOIGNAGE Stéphanie*, 26 ans, a aussi accouché à la maternité Port-Royal à Paris (14e), où un bébé est mort in utero, jeudi, semble-t-il à cause du manque de place...

William Molinié

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La maternité de Port-Royal, à Paris.
La maternité de Port-Royal, à Paris. — VINCENT WARTNER/20MINUTES

«Les sages-femmes étaient dépassées.» Contactée par 20 Minutes, Stéphanie*, 26 ans, n’a pas été «complètement étonnée» lorsqu’elle a entendu l’histoire dramatique révélée dans Le Parisien, dimanche, d’un bébé mort in utero à la maternité Port Royal (14e). «On se doutait que s’il y avait des nuits avec des accouchements difficiles, ce serait compliqué», assure-t-elle.

La jeune femme se souvient de son accouchement, son premier, une nuit d'octobre 2012. «Quand je suis arrivée, on m’a dit qu’il y avait trop de mamans. J’ai demandé à rester car je ne savais pas où aller», raconte-t-elle. Elle se souvient du «stress», de «l’ambiance tendue» qui régnait dans les services cette nuit-là, rythmée par les «14 accouchements et deux césariennes».

Neuf heures avant d’intégrer sa chambre

Heureusement, son accouchement se déroule bien. Mais après la naissance, elle ne peut pas intégrer une chambre, faute de place. «Je suis restée dans une petite salle de pré-travail, entre 5h du matin et 14h, sans prendre de douche. Personne n’a changé mon bébé», regrette-t-elle. «Le personnel mettait du temps à arriver lorsque j’appelais, même pendant le travail.»

Stéphanie* ne remet pas en cause les compétences des sages-femmes, «très professionnelles», précise-t-elle. Mais elle reconnaît qu’elles étaient «débordées». «Certaines m’ont avoué que la maternité prenait trop de dossiers pour des raisons économiques», assure-t-elle. A la sortie, elle a hésité à écrire à la direction. «Peut-être aurais-je dû», reconnaît-elle aujourd’hui.

*Le prénom a été modifié