Sanctions mesurées pour les pompiers de Paris accusés dans l'affaire de bizutage

EXCLUSIF Leur hiérarchie leur a infligé plusieurs jours d'arrêt et un blâme après l'affaire de bizutage qui a touché l'équipe de gymnastique de la prestigieuse Brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP)...

Vincent Vantighem
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Un camion des sapeurs-pompiers.
Un camion des sapeurs-pompiers. — MIGUEL MEDINA / AFP

Huit mois après les faits, le plaignant est toujours en arrêt maladie. Les pompiers de Paris mis en cause dans l’affaire du bizutage d’un de leurs camarades de l’équipe de gymnastique ont, eux, repris le travail, réaffectés dans différentes casernes. Selon nos informations, ils ont écopé de sanctions disciplinaires mesurées de la part de leur hiérarchie. Ceux qui sont accusés d’avoir perpétré des «violences volontaires» (morsures, gifles) sur le pompier plaignant lors d’un déplacement en bus ont été mis plusieurs jours à l’arrêt. Quant à ceux qui sont soupçonnés de l’avoir violé à l’aide d’une bouteille en plastique, «ils ont écopé en plus d’un blâme», selon une source proche du dossier. «Alors qu’ils risquaient la révocation… »

Cela ne présage en rien de l’enquête de la justice

Les peines ont été infligées en fonction des actes mais aussi des responsabilités des différents protagonistes dans cette affaire. «Certaines sanctions sont très lourdes, commente le lieutenant-colonel Pascal Le Testu, porte-parole de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP). Ca va les suivre pour le reste de leur carrière. Mais cela ne présage en rien de l’instruction qui est actuellement menée par la justice.»

«Ces sanctions sont un scandale», a réagi, pour sa part, Nicolas Cellupica, avocat du plaignant. «Dans toute autre institution, les mis en cause auraient été virés.» Au moment de leur découverte, les faits avaient entraîné la mise en examen de douze pompiers de la prestigieuse brigade pour «violences volontaires» et «viol en réunion», l’un d’entre eux ayant même fait un mois et demi de détention provisoire. «Mais l’affaire se dégonfle et elle va continuer à se dégonfler petit à petit», commente Thibault de Montbrial, avocat de l’un des mis en cause.

Retour sur un bizutage qui tourne mal

Le 6 mai 2012, 33 pompiers de Paris, membres de l’équipe de gymnastique, reviennent en bus d’une exhibition à Colmar (Haut-Rhin). Lors du voyage, une recrue assure avoir été bizutée. Dans la plainte qu’il a déposée, il explique avoir été mordu, pincé et tapé au niveau des fesses. Immobilisé par plusieurs camarades, il affirme également avoir été violé à l’aide d’une «bouteille en plastique». Quatre pompiers ont été mis en examen pour «viol en réunion» et huit pour «violences volontaires».