Photo montrant Mohamed Merah, l'auteur présumé des tueries de Toulouse et Montauban en mars 2012.
Photo montrant Mohamed Merah, l'auteur présumé des tueries de Toulouse et Montauban en mars 2012. — SIPA

ENQUETE

Affaire Merah: Qui sont les deux hommes arrêtés mardi?

Ces «connaissances» de Mohamed Merah seraient issus du milieu salafiste...

Deux nouvelles interpellations ont eu lieu mardi dans le cadre de l’affaire Merah et plus particulièrement les complicités dont l’auteur des tueries de Toulouse et Montauban a pu bénéficier. A l’heure actuelle, peu d’éléments ont filtré sur les deux hommes arrêtés.

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Vivant au Mirail, à Toulouse, ce sont deux «connaissances» de Mohamed Merah, âgées de 28 et 30 ans. L'un des deux hommes appartient au milieu salafiste toulousain, l'autre au groupe de l'Artigat (filière irakienne) auquel appartiennent Abdelkader Merah et Souad, soeur du tueur, selon une source proche de l'enquête citée par l’AFP.

D’après une autre source policière, jointe par 20 Minutes, l’un des deux individus interpellés serait soupçonné d’avoir «acheté un billet d’avion [à Mohamed Merah] pour partir s’entraîner à l’étranger». Une information qui n’a été confirmée par aucune source officielle.

Prudence sur leur importance

Cependant, les sources policières invitent à la prudence sur l'importance de ces deux hommes dont les deux compagnes ont été entendues sans être placées en garde à vue. Début décembre, deux autres personnes avaient été interpellées à Albi et Toulouse, avant d'être relâchées.

Du côté des avocats des familles de victimes, on s’interroge ainsi sur la coïncidence de ces arrestations avec leur rencontre ce mercredi avec le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls. «Je ne voudrai pas qu’on utilise cette affaire pour créer des effets d’annonce. La dernière fois, déjà, les familles avaient mis beaucoup d’espoir dans l’interpellation d’un homme, qui au final avait été relâché», a indiqué à 20 Minutes Samia Maktouf, avocate de la famille d’Abel Chennouf, militaire français tué par Mohamed Merah à Montauban le 15 mars.

«Un doute s’installe dans les esprits des familles»

«Face au manque de réponse de la part de la police et de la justice, un doute s’installe dans les esprits des familles. Notamment sur le fait que Mohamed Merah aurait été un agent-double. Il nous faut des réponses claires et précises du ministre quant à ces questions. Par ailleurs, les documents déclassifiés de la DCRI et de la DGSE ne permettent pas en l’état de faire avancer le travail des juges», a-t-elle ajouté.

L'hypothèse d'un «troisième homme» a été relancée par le frère aîné des Merah, Abdelghani, dans un ouvrage paru fin 2012. L'analyse des vidéos de ses crimes, filmés par Mohamed Merah lui-même, a également pu accréditer la thèse de complices. Sur celle du premier assassinat, celui du parachutiste Imad Ibn Ziaten, on entend un échange entre l'assassin et sa victime lors duquel le djihadiste évoque son «frère», sans qu'il identifie celui-ci ou qu'il précise s'il était présent ou pas.