Joggeuse tuée à Nîmes: Le suspect, «un garçon très poli»

PORTRAIT Ce Britannique de 32 ans prénommé Robert et résidant près du lieu du crime ressemble fort au portrait-robot dressé par les enquêteurs, et a des traces de griffures sur les mains qu'il n’explique pas...

Bérénice Dubuc

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Photo prise le 29 janvier 2013, dans le sud est de la France, du domicile du suspect dans la mort d'une joggueuse à Courbessac.
Photo prise le 29 janvier 2013, dans le sud est de la France, du domicile du suspect dans la mort d'une joggueuse à Courbessac. — AFP PHOTO SYLVAIN THOMAS

Le suspect arrêté lundi soir dans l'enquête sur le meurtre d'une joggeuse de 33 ans à Nîmes (Gard) est toujours entendu par les enquêteurs de la police judiciaire à Montpellier (Hérault). Sa garde à vue a été prolongée jusqu'à ce mercredi, et le procureur adjoint de la République à Nîmes, Stéphane Bertrand, a indiqué mardi que son ADN correspondait à celui relevé sur la scène de crime. Mais le jeune homme n'est pas passé aux aveux.

C’est lors de leur enquête de proximité à Courbessac que les enquêteurs se sont mis sur la piste de ce Britannique de 32 ans, prénommé Robert. L’homme réside avec sa mère dans une luxueuse villa à moins de 300 mètres du chemin où a été découvert le corps de la joggeuse, jeudi soir. De plus, il ressemble fort au portrait-robot réalisé à partir des témoignages recueillis au lendemain du drame: grand, brun et portant des lunettes.

Des traces de griffures sur les mains

«Les enquêteurs sont surpris par la ressemblance avec le signalement qui avait été donné, et cette personne présente des traces de griffures assez profondes sur les mains», a déclaré Stéphane Bertrand lors d'une conférence de presse. Coïncidence: la victime a été retrouvée dans un bosquet recouvert de ronces. Le suspect «se montre extrêmement évasif pour expliquer ce qu'il pouvait faire le jour des faits, au moment où ça se passe, et sur l'origine des blessures qui sont quand même des blessures assez importantes», a ajouté le procureur adjoint.

Ces derniers temps, Robert aurait travaillé en intérim dans la région de Nîmes. Selon le tabloïd The Sun, il serait restaurateur d'art. Des proches l’ont identifié, et les médias britanniques ont réussi à remonter une partie de son parcours. Originaire de Chatham, dans le comté du Kent, Robert aurait quitté la Grande-Bretagne vers l’âge de 10 ans, son père, Dennis, ayant obtenu un «très bon boulot» à Paris, au sein d’une entreprise française de télécommunications, selon un oncle interrogé par le Daily Mail.

«Un garçon très poli»

Robert est «plus Français que Britannique», a cru bon de préciser cet oncle au journal. Il a ajouté que le père du suspect était à moitié français, et est mort d’un cancer du poumon l’an dernier, peu après avoir pris sa retraite à Nîmes. Son épouse aurait alors un temps pensé à rentrer dans le Kent pour être plus proche de sa famille. Un ancien collègue du père du suspect a indiqué à l’AFP qu’ils formaient «une gentille famille, adorable», ajoutant que «rien dans le passé de Robert ne laisse supposer qu’il aurait pu faire une chose pareille».

Une voisine, qui voyait régulièrement Robert promener son chien, ne veut pas non plus croire à l'implication du trentenaire dans le meurtre, évoquant «quelqu'un de très gentil, un garçon très poli», qui avait l'habitude de promener son chien dans le quartier de Courbessac, où résidait également la joggeuse. D’autres habitants l’ont décrit comme un homme «solitaire, bien élevé et très sympathique» qui n’avait «jamais un mot déplaisant».

Une porte-parole du Foreign Office britannique a indiqué à la BBC que les autorités outre-manche avaient été informées de l’arrestation d’un de leurs ressortissants dans cette affaire, et que les autorités consulaires étaient «en liaison avec la police française en charge de l’enquête» et se tenaient prêtes à offrir «une assistance consulaire» au Britannique.