Affaire Mohamed Merah: Deux hommes arrêtés pour complicité

JUSTICE Ils ont été transférés au siège de la DCRI ce mercredi matin...

M.P. et C.C. avec agences

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L'immeuble de la rue du Sergent-Vigné à Toulouse, où Mohamed Merah a été abattu le 22 mars 2012.
L'immeuble de la rue du Sergent-Vigné à Toulouse, où Mohamed Merah a été abattu le 22 mars 2012. — FRED SCHEIBER/20 MINUTES

Deux personnes ont été arrêtées dans le cadre de l'enquête sur les complicités dont aurait pu bénéficier Mohamed Merah, mardi, selon une source judiciaire. Les deux hommes, âgés de 30 et 29 ans, ont été placés en garde à vue à Toulouse et transférés ce mercredi au siège de la DCRI à Levallois.

Les deux hommes ont été arrêtés dans le quartier du Mirail, dans lequel vivait Mohamed Merah et son frère Abdelkader, mis en examen pour complicité dans les sept meurtres du tueur au scooter, ce qu'il nie. L'un des hommes est un proche de Mohamed Merah, l'autre est liée à une communauté salafiste.

Les familles des victimes reçues mercredi

Invité mardi d'une conférence internationale sur la lutte contre l'extrémisme violent, Manuel Valls avait redit qu'il ne considérait pas que Mohamed Merah était «un loup solitaire», à l'inverse de Bernard Squarcini, l'ex-patron de la DCRI. Le ministre de l'Intérieur doit recevoir ce mercredi les familles des victimes du tueur au scooter. Les familles, qui veulent savoir si les services de renseignement ont tenté ou non de retourner le «tueur au scooter», demandent la déclassification de documents de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI).

Le juge antiterroriste Marc Trédivic a récemment conforté les doutes des familles des trois militaires tués et d'un quatrième blessé, qui réclament «la vérité sur les dysfonctionnements des services de renseignement». Les familles, convaincues pour la plupart que Mohamed Merah appartenait à une filière, pressent également l'exécutif de rechercher des complicités.

Mohamed Merah avait semé la terreur en mars dernier dans le Sud-Ouest: il a tué trois parachutistes et fait un carnage dans une école juive, abattant trois enfants et un professeur. Il est mort à l'issue d'une opération du Raid de plus de trente heures lors de laquelle il avait juré avoir agi seul. Peu convaincue par cette thèse, la justice cherche depuis d'éventuelles complicités.