Une pétition pour l’accès aux données publiques de santé

SANTÉ e but est de permettre aux patients de pouvoir choisir médecins ou hôpitaux, en toute transparence...

M.Gr.

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Dans une salle d'opération de l'hopital Georges Pompidou, à Paris, le 17 décembre 2007
Dans une salle d'opération de l'hopital Georges Pompidou, à Paris, le 17 décembre 2007 — WITT/SIPA

Ils veulent «faire sauter les verrous». Dans un manifeste publié en ligne jeudi, des usagers de santé, chercheurs, assureurs, entrepreneurs, consultants ou journalistes se sont réunis pour réclamer la possibilité d'accéder «en toute transparence aux données publiques de santé», comme ils l’explique sur le site mis en ligne à cette occasion.

Pour tenter d'y parvenir, ils lancent dans le même temps une pétition en ligne, pour sensibiliser à leur cause. L'objectif? Permettre à tout patient d'être mieux informer, pour pouvoir ainsi mieux choisir son hôpital ou son médecin, en ayant accès à des données, telles que le taux de réussite d'un hôpital pour différents types d'opérations, ou les prix de soins dentaire.

«Plus accessibles et plus transparentes»

Et la démarche est déjà soutenue par une cinquantaine de signataires. Parmi ceux-ci, figurent des professeurs de médecine, des journalistes, mais aussi des associations de consommateurs, comme l'UFC-Que choisir, ou de patients, telles que le Ciss, qui relaie d'ailleurs le manifeste sur son site Internet.

Mais la tâche s'annonce ardue. Notamment parce que la ministre des Affaires sociales et de la Santé, si elle affirmait en octobre dernier lors du congrès de la Mutualité française qu'il fallait «permettre aux Français d’accéder à une information claire et lisible sur notre système de santé», expliquait dans le même temps qu'il revenait, selon elle, «aux pouvoirs publics de rassembler ces informations sur les hôpitaux, pour les rendre plus accessibles et plus transparentes».

Une position que conteste le mouvement «initiative transparence santé», rappelant au passage la position du Premier ministre sur ce sujet. Ce dernier en effet s'était déclaré en faveur d'une meilleure transparence dans l'accès aux données publiques, expliquant que «ce patrimoine immatériel, c’est aussi celui de tous les Français, il appartient à tous, il appartient aux entreprises qui voudraient créer de nouveaux services, comme à tous les citoyens».

Encore du chemin à parcourir

Or, comme le rappelle Le Parisien ce vendredi, l'Assurance maladie attaque régulièrement en justice ceux qui exploitent ses informations, y compris celles disponibles sur le site Ameli.fr.

Il reste donc du chemin à parcourir, estime le collectif, qui s’interroge dans son manifeste: «à l’heure où la défiance des citoyens vis à vis des autorités et des professionnels de santé est à son comble, comment admettre que le ministère s’entête à restreindre l’accès à ces données essentielles?» La question est désormais posée.