Rythmes scolaires: Quelle est la situation chez nos voisins?

Aurélie Delmas

— 

L'école primaire de Watlington, dans le sud de l'Angleterre, le 14 décembre 2011
L'école primaire de Watlington, dans le sud de l'Angleterre, le 14 décembre 2011 — REUTERS/Eddie Keogh

Ce mercredi, des milliers de professeurs des écoles défilent dans les rues de Paris et de province contre la réforme des rythmes scolaires engagée par le ministre de l’Éducation Vincent Peillon. Son projet: une semaine de 4,5 jours, et des journées qui terminent plus tôt. Si on regarde autour de nous, la semaine à quatre jours et l’importance des vacances intermédiaires sont bien des spécificités françaises. De même que l’organisation centralisée, puisque, dans la plupart des pays européens, les régions et les établissements ont une marge de manœuvre.

  • Des journées plus courtes

D’après les directives Peillon, la journée des écoliers français devrait passer à cinq heures et demi maximum, dès la rentrée prochaine, contre six heures aujourd'hui. Et elle sera encore plus longue que pour les autres écoliers.

En Allemagne, en Finlande et en Espagne, les élèves ne sont à l’école que cinq heures chaque jour. La Grande-Bretagne est un peu plus proche de la France avec une moyenne comprise entre cinq heures et cinq heures trente. 

  • Pas de coupure le mercredi

 La semaine de quatre jours, avec une coupure le mercredi, n’existe qu'en France. Une exception qui pourrait prendre fin avec le passage à la semaine de quatre jours et demi.

 En Allemagne, où le système est variable selon les Länder, et en Italie, la semaine s’étale le plus souvent sur cinq voire six jours. En Italie, ce sont les parents qui, au moment de l’inscription de leurs enfants, choisissent le nombre hebdomadaire d’heures de cours de leur enfant selon les options. L’Angleterre, l’Espagne et les Pays-Bas sont réglés sur la semaine de cinq jours, comme le détaillait l’institut Robert-Schumann dans un rapport de septembre 2011.

Beaucoup de chronobiologistes estiment par ailleurs que la coupure du mercredi a un effet pervers, rappelle ce mercredi France Info, car elle demande à l'enfant de se relancer le jeudi matin

  • Moins de vacances

Les écoliers français ne vont à l'école que 144 jours par an, ce qui leur laisse 221 jours de repos. Ce sont de loin les écoliers européens qui passent le plus de temps en vacance. Aux vacances d’été s’ajoutent deux semaines à Toussaint, deux autres à Noël, deux en février et deux à Pâques.

Le pays le plus proche est l’Espagne, où les enfants passent 175 à 180 jours d’école par an, dont onze semaines l’été. En Allemagne, il y a jusqu’à 208 jours de cours, soit 64 de plus qu'en France. Les écoliers italiens passent chaque année 200 jours à l’école contre 190 pour les petits Anglais et Finlandais. En Angleterre, les grandes vacances ne durent que six semaines.

  • Souvent plus d’heures de cours par an

Dans le système scolaire français, les heures de cours, réparties sur un petit nombre de jours dans l’année, sont nombreuses, rendant le système plus dense qu’ailleurs.

Les écoliers français qui ont entre 7 et 11 ans passent 847 heures par an dans leur classe. C’est plus que la moyenne des 9-11 ans, établie par l’OCDE à 821 heures par an. En Allemagne par exemple, les écoliers passent moins de 800 heures par an à l’école.

En revanche, les Espagnols -875 heures-, les Néerlandais -880 heures les quatre premières années et 940 ensuite-, les Anglais -899 heures-, et les Italiens –autour de 900 heures-, ont bien plus d'heures de cours que les écoliers français.

  • Plus d’activités périscolaires

Le projet de Vincent Peillon inclut également un encadrement après 15h30 avec des animateurs.

Les activités périscolaires sont déjà en place dans plusieurs pays voisins. Notamment en Angleterre, où de nombreuses activités payantes, notamment sportives, sont proposées au sein de l’école y compris le samedi matin.

En Allemagne, la journée s’achève entre 11h30 et 13h30 afin de laisser libres les après-midi  pour des activités facultatives et payantes. Du soutien scolaire ou des loisirs créatifs sont organisés par les enseignants ou des partenaires extérieurs.

En Espagne aussi, la journée continue avec des activités l’après-midi a de plus en plus tendance à s’imposer malgré les critiques de ceux qui trouvent ce système inégalitaire.

  • Des enseignants mieux payés

Des systèmes différents, pour des salaires différents. Et les enseignants français, qui réclament une revalorisation de leur rémunération, se situent bien dans la fourchette basse, comme le démontre un rapport de l’OCDE. Avec 22.000 euros annuels en début de carrière, les professeurs des écoles français sont loin derrière leurs collègues allemands, qui débutent avec un salaire supérieur à 39.000 euros, italiens (plus de 32.500), espagnols (plus de 29.300) ou anglais (presque 24.000).