Prise d'otages d'In Amenas: L'Algérie fait le bilan du drame

TERRORISME Après des journées entières de confusion, le Premier ministre algérien a dévoilé ce lundi après-midi le premier bilan officiel...

Aurélie Delmas avec agences

— 

Le site gazier d'In Amenas en Algérie
Le site gazier d'In Amenas en Algérie — Kjetil Alsvik/AP/SIPA

Deux jours après la fin tragique d’une prise d’otages qui a duré quatre jours à In Amenas en Algérie, le Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, est revenu sur la façon dont les événements se sont déroulés, ce lundi lors d’une conférence de presse. Il a fait état de près de 70  personnes tuées dont 37 ressortissants étrangers. 20 Minutes fait le point sur ce qu’il faut retenir de cette crise.

Quel était le scénario prévu par les terroristes?

«Venus du nord Mali» selon le Premier ministre, une quarantaine de terroristes ont attaqué le complexe gazier Sonatrach BP-Statoil mercredi 16 janvier à l’aube. Après avoir ciblé en priorité la base de vie des employés, venus de nombreux pays, à 4km environ de l’usine gazière, ils ont regroupé les otages, en séparant les Algériens des étrangers.

Si les djihadistes ont prétendu agir en représailles contre l’intervention de la France au Mali, l’opération avait été préparée deux mois auparavant, en prévision d’une offensive contre les groupes islamistes du nord Mali. L’opération «Serval» a vraisemblablement été le déclencheur de l’attaque terroriste.

Selon le Premier ministre algérien, les terroristes avaient l’intention de faire exploser l’usine. Ils ont réclamé en vain la libération de cent terroristes emprisonnés dans le pays. Mais, alors que les ravisseurs tentaient de rejoindre l’usine, l’armée algérienne a donné son premier assaut et ouvert le feu sur les véhicules.

Qui était sur place?

La Brigade des Moulathamine comptait trente à quarante terroristes islamistes de six nationalités différentes. La présence d’un Français dans les rangs des assaillants a été évoquée, même si le ministre de l’Intérieur appelle ce lundi à la prudence. A leur tête, Mokhtar Belmokhtard, dit «le Borgne». Après avoir revendiqué l’attaque, le groupe a  menacé ce lundi de mener d'autres opérations si l'intervention d’armées occidentales se poursuit au nord Mali. Le chef du gouvernement algérien a aussi affirmé que l'attaque islamiste contre le complexe gazier d'In Amenas avait été coordonnée par un Canadien, on avait appris plus tôt que deux des islamistes découverts morts à l’intérieur étaient de nationalité canadienne.

L’estimation du nombre d’otages sur le site n’a jamais été claire, on parle de 650 employés dont 132 étrangers. Le ministère algérien avait précisé ce week-end que 107 otages expatriés et 685 otages de nationalité algérienne ont pu être libérés.

Quel est le premier bilan humain?

Le Premier ministre Abdelmalek Sellal a annoncé que 38 otages dont 37 ressortissants étrangers, de huit nationalités différentes, ont été tués au cours de l’opération. Vingt-neufpreneurs d’otages ont également trouvé la mort.
Parmi les étrangers confirmés décédés par leurs pays depuis mercredi figurent neuf Japonais, un Français, un Américain, deux Roumains, trois Britanniques, une personne résidant au Royaume-Uni et six Philippins. Sept des corps retrouvés n’ont pas encore été dentifiés ce lundi.
Du côté des ravisseurs, 5 membres des Moulathamine ont été arrêtés, trois sont parvenus à s’enfuir.

Le Premier ministre a également annoncé que cinq étrangers étaient toujours portés manquants.

Comment les pays impliqués ont-ils réagi?

Les relations entre l'Algérie et ses alliés occidentaux se sont tendues dans un premier temps après l’assaut rapide et sanglant donné par l’armée algérienne. Certains, comme le Premier ministre britannique David Cameron, ont fait connaître leur mécontentement de ne pas avoir été informés de la décision algérienne de donner l'assaut tout en soulignant que la responsabilité «repose totalement sur les terroristes qui ont lancé cette attaque lâche et brutale». La France a, de son côté, apporté son soutien aux décisions du gouvernement algérien.

Mots-clés :

Aucun mot-clé.