Danse macabre autour du cadavre de Denis Allex

SOMALIE Les shebab, liés à Aqmi, se servent du cas de l'otage français pour «une campagne publicitaire», selon le chercheur François-Bernard Huyghe...

Vincent Vantighem

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Les autorités françaises et la DGSE sont toujours restées très discrètes sur cet agent, considéré comme "très solide", et sur les efforts entrepris pour tenter de le faire libérer.
Les autorités françaises et la DGSE sont toujours restées très discrètes sur cet agent, considéré comme "très solide", et sur les efforts entrepris pour tenter de le faire libérer. — afp.com

On ne saura donc sans doute jamais ni quand, ni comment Denis Allex est mort. Alors que les autorités françaises avaient annoncé la mort de l’otage français, samedi, lors du raid visant à le libérer, les shebab somaliens ont affirmé, jeudi, qu’ils l’avaient «exécuté». Depuis ce week-end, le groupe terroriste lié à Al-Qaida au Maghreb islamique assurait que l’agent de la DGSE avait survécu à l’opération militaire, qu’il avait été «placé en sécurité» et qu’il attendait désormais «l’exécution de sa sentence»

Maintenir l’attention des médias

Mercredi matin, le chef d’État-major des armées, Edouard Guillaud, avait donc accusé, sur Europe 1, les shebab de pratiquer la «manipulation médiatique» en utilisant le cas de Denis Allex. «C’est une guerre psychologique, confirme François-Bernard Huyghe, directeur de recherche à l’Institut de relations internationales et stratégiques. Les shebab ont compris comment agir sur l’esprit des Occidentaux. En annonçant la mort de Denis Allex cinq jours après, ils maintiennent l’attention des médias sur eux et engagent encore plus de «frères» à rejoindre leur combat. C’est l’art de la mise en scène.» Mardi, ils n’avaient pas hésité, non plus, à diffuser des photos du cadavre de l’un des militaires français tués dans le raid, vendredi dernier. «Il n’est pas exclu qu’ils attendent un ou deux jours et qu’ils diffusent des photos du cadavre de Denis Allex. C’est presque une campagne publicitaire pour eux», conclut le chercheur.

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En 1986, le Jihad islamique libanais annonce avoir exécuté le chercheur Michel Seurrat, près d’un an après son enlèvement en publiant une photo de son corps reprise par la presse. Mais l’otage serait, en fait, mort des suites d’une maladie.