Le père d'Elodie Kulik: «J’ai très bon espoir que la vérité éclate dans les prochains jours»

JUSTICE Sept personnes ont été placées en garde à vue ce mercredi matin dans le cadre de l’affaire Kulik, onze ans après les faits…

William Molinié

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Jacky Kulik (au c.), père d'Elodie , et les parents adoptifs de Patricia Leclercq, en 2002.
Jacky Kulik (au c.), père d'Elodie , et les parents adoptifs de Patricia Leclercq, en 2002. — S. LEFEVRE / SIPA

Au téléphone, son timbre de voix est mesuré, peut-être légèrement tremblotant. Entre l’angoisse de la déception et le sentiment que le mystère entourant le meurtre de sa fille va bientôt être levé. «Je ne peux pas dire être certain de connaître un jour la vérité. Mais j'ai très bon espoir qu'elle éclate dans les prochains jours», confie à 20 Minutes, Jacky Kulik, le père d’Elodie, directrice d’agence bancaire de 24 ans à Péronne (Somme), violée et étouffée le 10 janvier 2002 à Tertry par trois individus au cours d’un assassinat particulièrement barbare.

Ce mercredi matin, sept hommes âgés de 28 à 45 ans ont été interpellés et placés en garde à vue dans le cadre de cette affaire. Arrêtés dans l’Aisne, ils font tous partie de l’entourage de Grégory Wiart, dont l’ADN avait été retrouvé sur la scène de crime dans un préservatif. Mais les gendarmes n’ont réussi à l’identifier que fin janvier 2012 grâce à une méthode mise en place pour la première fois en France, par recoupement d’ADN. Malheureusement, ils se sont aperçus qu’il était mort dans un accident de voiture quelques mois après le meurtre.

Une étape «déterminante»

«Cette identification a donné une nouvelle impulsion à l’enquête. Plusieurs hypothèses de travail se sont dégagées puisque nous savions qu’il y avait une pluralité d’auteurs», explique à 20 Minutes une source proche du dossier. Des recoupements, des écoutes et des surveillances sur l’entourage de Grégory Wiart sont alors réalisés. Jusqu’à ce que mi-décembre, l’ancienne compagne du principal suspect soit placée en garde à vue. Même si une trace génétique a été relevée sur la scène de crime, les gendarmes n’ont pas «pu formellement prouver ou attester de sa présence sur les lieux», précise cette source. Après avoir contesté son implication dans cette affaire, elle est alors relâchée.

Cette étape a été «déterminante», croit savoir le père d’Elodie Kulik. «Je continue de penser que son audition a apporté de nouveaux éléments. Même si elle ne s’en est peut-être pas rendu compte, des choses ont été dites», poursuit Jacky Kulik. «J’aimerais bien que ces nouvelles interpellations soient la dernière étape avant de connaître toute la vérité», précise-t-il.

«Des gens savent»

Les gendarmes de la section de recherche d’Amiens vont tenter d’obtenir des aveux, à défaut de pouvoir s’appuyer sur de nouvelles traces d’ADN. «Il y a plusieurs éléments à vérifier. Ils vont mettre les déclarations des interpellés en contradiction et croiser les éléments recueillis pendant ces dix années d’enquête», explique une source proche du dossier. Par ailleurs, le dossier d'instruction contient l'enregistrement de l'appel passé par la jeune femme aux pompiers le soir de son assassinat . Vingt-six secondes dans lesquels on peut entendre, entrecoupé des cris d'Elodie, les voix de deux ou trois hommes au fort accent picard. Peut-être, les enquêteurs iront-ils jusqu'à les comparer avec celles des individus interpellés.

«Je suis persuadé qu’il y a des gens qui savent. Mes questions sont simples. Qui a porté les coups mortels? Qui est à l’origine de l’assassinat?» questionne Jacky Kulik. Ces sept hommes sont en garde à vue au minimum jusqu’à jeudi matin. Le juge peut décider de les garder une journée supplémentaire. Tous, ou seulement une partie d’entre eux.