Mexique: Nouvel espoir pour Florence Cassez pour l'examen de son recours

M.P. avec Vincent Vantighem

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Florence Cassez dans sa prison a Mexico City, Novembre, 2007
Florence Cassez dans sa prison a Mexico City, Novembre, 2007 — BENJAMIN CHARLES/SIPA

La fin du cauchemar pour Florence Cassez? Son recours sera examiné mercredi 23 janvier par la Cour suprême du Mexique, selon le service de presse de cette instance. La Française a été condamnée à 60 ans de prison pour enlèvements en février 2011, alors qu’elle clame son innocence.

Les cinq membres de la première chambre de la plus haute instance juridictionnelle du Mexique discuteront sur la base d'un rapport présenté par la juge Olga Sanchez, nouvelle rapporteuse de l’affaire et favorable, elle l’a déjà dit, à la libération de la Française. La cour de Cassation avait déjà examiné son cas en mars 2011 mais aucun accord n’avait été trouvé pour une libération immédiate.

Un dossier empoisonné

Dans le dossier présenté en 2011, la Cour suprême a établi que plusieurs des droits fondamentaux de la Française avaient été violés durant la procédure (violation du droit à un procès équitable, violation des preuves ou de droit consulaire). Il avait déjà été prouvé que son arrestation filmée avait été montée de toutes pièces.

Mais la donne a changé au Mexique sur plusieurs plans, ce qui rend optimiste les soutiens de Florence Cassez, aujourd’hui âgée de 38 ans, optimistes. D’abord, l’opinion mexicaine semble prête à voir la Française sortir de prison. «L'opinion publique n'a plus la même vision des choses qu'auparavant. Le pouvoir politique a changé, la composition de la Cour Suprême a changé... Après, cela reste une décision de justice sur laquelle on ne peut pas s'avancer», explique une source diplomatique à Mexico.

Plus qu’une voix

Le nouveau président mexicain Enrique Pena Nieto a déjà dit vouloir régler le cas Florence Cassez alors que son prédécesseur, Felipe Calderon, avait fait du sort de la Française «une affaire personnelle». Si la justice au Mexique comme en France est indépendante, le dossier était toutefois sorti du strict cadre judiciaire. L’affaire Cassez empoisonne les relations franco-mexicaines depuis 2006 et a même provoqué l’annulation de l’année de la France au Mexique en 2011. L’ancien président, Felipe Calderon, en avait fait une affaire personnelle et s’opposait à sa libération, d’autant que l’opinion y était opposée. Mais le nouveau président mexicain, élu en juillet dernier, Enrique Pena Nieto a dit vouloir régler le cas Florence Cassez.

Durant l'audience, le juge rapporteur va présenter son rapport dans lequel figure un projet de sentence pour Florence Cassez. Trois solutions sont envisagées: la libération de la Française, son maintien en détention, ou l’organisation d'un nouveau procès. Lors de l'audience en mars 2011, deux juges étaient favorables à un nouveau procès, deux juges plaidaient pour une libération immédiate et un juge pour son maintien en détention. Or, il faut une majorité de trois voix pour aboutir à une décision. Point positif pour Florence Cassez: le juge qui était pour son maintien en détention quitté la Cour suprême, alors que les quatre autres sont restés. Il ne lui manque qu’une voix pour espérer une libération immédiate ou un nouveau procès.