Levallois: Le campement des policiers municipaux contestataires évacué

Jérôme Comin

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Manifestation des policiers municipaux contre le planning 2013 et les pratiques frauduleuses de la mairie et du maire UMP Patrick Balkany à Levallois-Perret le 6 janvier 2013.
Manifestation des policiers municipaux contre le planning 2013 et les pratiques frauduleuses de la mairie et du maire UMP Patrick Balkany à Levallois-Perret le 6 janvier 2013. — A. GELEBART / 20 MINUTES

«C’était une véritable opération commando.» Le syndicat de police municipale de Levallois SNPM-FO dénonce ce mercredi le démontage du campement qu’ils avaient installé devant la mairie pour mettre en lumière des dérives présumées au sein de leurs équipes.

Dans un courrier adressé au procureur de Nanterre à la mi-décembre, le syndicat dénonçait en effet des enregistrements présumés de conversations téléphoniques sortantes non déclarées à la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), la présence d'agents en mission sur le terrain qui ne sont ni agréés ni assermentés et l'utilisation de policiers municipaux comme chauffeurs pour Patrick Balkany (UMP) et sa femme, respectivement maire et première adjointe de la ville.

«Ils ont débarqué comme des voyous»

«Déjà mardi soir, le maire est venu devant la tente pour nous dire de dégager, confie une source syndicale. Il a même demandé à la police nationale d’effectuer l’évacuation de notre camp. Mais comme on bénéficie d’un arrêté préfectoral qui nous autorise à rester là, les forces de l’ordre ont refusé de la faire.» Mais ce mercredi, des hommes sont  venus démonter la tente dès 6h du matin. «Ils ont débarqué comme des voyous et nous ont tout pris: tente, groupe électrogène, chauffage et, plus grave, des documents confidentiels et les pétitions que nous avons réalisées, affirme le syndicat SNPM-FO. Du coup, on a décidé d’aller porter plainte.»

«Une opération parfaitement légale»

Du côté de la mairie, on assume ce démontage tout en évacuant toute polémique. «Effectivement, ce campement a été démonté par les services techniques de la ville car il gênait le passage des camions destinés au démontage des décorations et du village de Noël, affirme Nicolas Gigon, directeur de cabinet de Patrick Balkany. Mais cette opération est parfaitement légale car les syndicats avaient le droit de manifester entre 7h et 21h. Ce démontage a été effectué sous le contrôle de l’adjoint au maire chargé de la sécurité et toutes les affaires saisies peuvent être récupérées.»

Quant aux dérives présumées au sein de la police municipale, la mairie les nie en bloc, affirmant que cette affaire «est montée de toutes pièces et provient d’une querelle entre un syndicaliste et le directeur de la police municipale.»