Nonagénaire expulsée: La maison de retraite réplique et assure avoir prévenu la famille

POLÉMIQUE elon l’établissement, la famille a été condamnée à payer les arriérés de loyer, ce qu’elle n’a jamais fait...

E.O.

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Illustration: Une maison de retraite de Nantes.
Illustration: Une maison de retraite de Nantes. — JS EVRARD/SIPA

Mise en cause par le fils de la femme de 94 ans expulsée vendredi de sa maison de retraite de Chaville, dans les Hauts-de-Seine, la direction de l’établissement réplique ce mardi. Dans un communiqué, la Villa Beausoleil assure que «ce retour à domicile a été initié en toute transparence à l’égard de la famille qui a été prévenue plusieurs semaines à l’avance, afin qu’elle puisse prendre ses dispositions».

Les responsables de la maison de retraite affirment que la famille de la vieille dame «avait été condamnée le 31 octobre 2012 par le TGI de Nanterre à régler les arriérés dus, plusieurs dizaines de milliers d’euros». Mais après «un mois et demi d’absence totale de réaction», la Villa Beausoleil «a décidé de rompre le contrat de séjour la liant à la famille, tout en lui laissant le temps de s’organiser».

«Une erreur de jugement»

L’établissement déplore «le silence» des enfants de la nonagénaire et «leur refus de payer les frais d’hébergement de leur mère», malgré de «nombreuses communications par téléphone» et des «courriers recommandés». «Malgré le préavis que nous avions donné, l’ambulance qui accompagnait la vieille dame a trouvé porte close en arrivant chez son fils», poursuivent les dirigeants de la Villa Beausoleil. Lesquels reconnaissent cependant «une erreur de jugement dans la décision qui a abouti au transfert de cette résidente du domicile familial à l’hôpital de Châteaudun».

Ce mardi matin, un des fils de la nonagénaire s’est indigné de la décision de la maison de retraite qui «savait très bien» que sa mère, qui se déplace en fauteuil roulant, «a besoin d’une assistance permanente».  Il a aussi nié avoir délaissé la vieille dame, assurant la voir «toutes les semaines». «Elle était à la maison pour Noël. J’ai des photos pour en attester», a-t-il affirmé.

La nonagénaire a quitté l’hôpital de Châteaudun lundi soir, et a été transportée dans un hôpital privé d’Antony, dans les Hauts-de-Seine, où travaille un de ses fils.