David Sagno s'excuse auprès de Marc Machin

JUSTICE Le meurtrier avéré de Marie Agnès Bedot était entendu ce mercredi au procès de Marc Machin. Ce dernier, qui a fait 7 ans de prison, ne doit sa libération qu’à David Sagno qui s’est présenté de lui-même à la police pour revendiquer cet assassinat…

William Molinié

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Le 10 décembre 2012, le parquet général a requis l'acquittement de Marc Machin.
Le 10 décembre 2012, le parquet général a requis l'acquittement de Marc Machin. — V. WARTNER / 20 MINUTES

«Je veux présenter mes excuses à Marc Machin qui a passé sept ans en prison à cause de moi.» David Sagno, entendu ce mercredi par la cour d’assises de Paris, réexplique que c’est bien lui qui a tué de plusieurs coups de couteaux Marie Agnès Bedot le 1er décembre 2001 sous le pont de Neuilly.

«Ce matin-là, je voulais tuer quelqu’un. J’ai décidé que ce serait elle», explique-t-il à la barre. «Je l’ai lâchement assassinée, à l’abris des regards. […] Pour moi, c’était simplement pour satisfaire des désirs de magie noire. […] Après, je suis allé tranquillement travailler», poursuit-il.

«Sagno est tombé du ciel»

Ce meurtre, «vous l’avez commis seul?», lui demande la présidente de la cour. «Oui, seul», répond David Sagno. La juge insiste. «Vous l’affirmez bien?». «Oui».

Marc Machin, bras croisés et lèvres pincées, écoute. L’on devine qu’il bouillonne intérieurement. Oscillant sans doute entre la colère d’avoir été emprisonné à la place d’un autre et de devoir sa libération au bourreau qui s’est rendu de lui-même à la police pour revendiquer ses crimes. «Sagno est tombé du ciel», commentera un peu plus tard la sœur de la victime.

L’homme âgé de 30 ans l’a répété à de nombreuses reprises depuis lundi. Il attend d’être blanchi définitivement - la cour de révision a annulé sa condamnation à 18 ans de prison - par des jurés d’assises pour ce meurtre qu’il n’a pas commis mais dont il a été le « coupable idéal».

«Bon courage pour sa détention»

Invité par la présidente à prendre la parole, Marc Machin hésite. «Qu’est-ce que vous voulez que je rajoute? Non, rien», répond-il avant de s’adresser à David Sagno. «Je le remercie de s’être constitué prisonnier et d’avoir endossé la responsabilité. Je lui souhaite bon courage pour sa détention et sa réinsertion».

David Sagno, entouré de policiers sort de la salle d’audience. Lorsque la porte se referme, Marc Machin, ne contenant plus sa colère, éclate en sanglot. «Enc… !», entend-on à deux reprises. Jeudi soir, après une journée consacrée aux plaidoiries et aux réquisitions, les jurés devraient, sauf surprise, l’acquitter.