Prostitution: Les mineurs et les sans-papiers méritent une attention particulière selon un rapport de l'Igas

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Un rapport sur "les enjeux sanitaires de la prostitution" préconise mardi de porter une attention particulière aux mineurs et aux étrangers en situation irrégulière, et de mieux "approcher la face cachée de la prostitution" notamment sur internet, à l'écart des actions de prévention.
Un rapport sur "les enjeux sanitaires de la prostitution" préconise mardi de porter une attention particulière aux mineurs et aux étrangers en situation irrégulière, et de mieux "approcher la face cachée de la prostitution" notamment sur internet, à l'écart des actions de prévention. — Emmanuel Dunand afp.com

Un rapport sur «les enjeux sanitaires de la prostitution» préconise mardi de porter une attention particulière aux mineurs et aux étrangers en situation irrégulière, et de mieux «approcher la face cachée de la prostitution» notamment sur internet, à l'écart des actions de prévention. Le rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), remis mardi à la ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, prône aussi d'améliorer la connaissance des différentes formes de prostitution, dont «une part sans doute importante» reste «invisible et très mal connue», et de développer les moyens confiés aux associations qui oeuvrent auprès des prostituées.

La prostitution «recouvre des réalités diverses», mais le nombre total de prostitué(e)s est inconnu, remarque l'Igas, rappelant que les seules données disponibles portent sur la prostitution de rue, qui concerne très largement «des femmes étrangères en situation irrégulière, vivant dans des conditions plus ou moins précaires».»

Un risque accru par les «pathologies de précarité»

Outre des risques spécifiques liés à la prostitution (VIH/sida, hépatites, infections sexuellement transmissibles, ainsi que les violences), ces prostituées sont également touchées par «les pathologies de la précarité» que l'on trouve chez les publics fragiles et marginalisés: problèmes respiratoires, addictions, troubles psychiques, etc.

«L'isolement et la clandestinité apparaissent comme des facteurs d'aggravation des risques», insiste le rapport. L'Igas «s'inquiète tout particulièrement de la situation des jeunes mineurs qui se prostituent» et suggère le lancement d'une mission pour «apprécier l'ampleur et les caractéristiques du phénomène«, qui est «largement occulté».

Saluant le travail des associations en matière de prévention des risques, le rapport note «une très importante diminution des crédits» qui leurs sont alloués, passés de 6,738 millions en 2006 à 2,215 millions en 2011. «Les interventions associatives méritent d'être confortées et élargies pour s'adapter aux diverses formes de prostitution», insiste l'Igas, qui note «les difficultés accrues pour accéder aux publics prostitués», notamment en raison de la loi de 2003 qui a instauré le délit de racolage passif, poussant les prostituées à «se dissimuler».