Euthanasie: Les failles de la loi Leonetti mis au jour

EUTHANASIE Le Pr Sicard rend ce mardi son rapport sur la fin de vie au président de la République...

Delphine Bancaud

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Faut-il légaliser l'euthanasie? Le débat sur la fin de vie sera relancé ce mardi avec la remise du rapport Sicard à François Hollande. Au sommaire: le bilan de l'application de la loi Leonetti et des recommandations sur le sujet. Ce texte de 2005 interdit l'acharnement thérapeutique, mais n'autorise pas l'euthanasie active. Les médecins ont seulement droit d'administrer des traitements antidouleur permettant de soulager la souffrance du patient, au risque d'entraîner sa mort.

>>Que dit le rapport du Pr Sicard? C'est à lire par ici

Une loi dont le Pr Sicard a admis qu'elle ne réglait pas tout. D'abord, l'accès aux soins palliatifs est très inégal sur le territoire. Ainsi, selon l'Observatoire national de la fin de vie, 70% des lits de soins palliatifs sont concentrés dans cinq régions de France, qui représentent 46% de la population française. Selon le Dr Vincent Morel, président de la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs, «l'accompagnement des personnes en fin de vie à leur domicile ou en maison de retraite est ainsi très insuffisant». Et seulement 3 % des médecins généralistes seraient formés aux soins palliatifs.

Enfin, pour Jean-Luc Romero, président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité, «avec la loi Leonetti, c'est le médecin qui décide seul et les directives anticipées du patient ne sont pas toujours prises en compte». Il estime aussi que les soins palliatifs ne résolvent pas tout: «Il faut entendre la détresse de ceux qui ne veulent pas mourir à petit feu, mais partir dignement.» D'ailleurs, chaque année, une centaine de Français vont en Suisse pour bénéficier de l'assistance au suicide. Reste à savoir si Hollande choisira de faire évoluer la loi Leonetti ou ira plus loin, en instaurant un droit de mourir médicalement assisté.