Travail le dimanche: «Infirmière, j'ai appris à m'organiser différemment»

TÉMOIGNAGES es internautes de «20 Minutes» ont-ils envie de travailler le dimanche?...

Témoignages édités par Christine Laemmel

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Une infirmière installe une perfusion à une patiente avant une séance de  chimiothérapie, le 17 Janvier 2007 au centre hospitalier Oscar Lambret  de Lille.
Une infirmière installe une perfusion à une patiente avant une séance de chimiothérapie, le 17 Janvier 2007 au centre hospitalier Oscar Lambret de Lille. — AFP PHOTO/PHILIPPE HUGUEN

Pour les salariés de Bricorama, le débat a été tranché ce lundi. L’enseigne de bricolage, pour avoir ouvert ses magasins le dimanche, malgré une interdiction judiciaire, risquait de devoir verser plus de 37 millions d’euros à ses employés. Elle y a finalement échappé pour vice de forme. 

D’après le gouvernement, qui a réaffirmé sa position, aucune dérogation supplémentaire ne semble envisageable. Selon Michel Sapin, ministre du Travail, interrogé par 20 Minutes, «le dimanche doit être, sauf cas exceptionnel, un jour sans travail pour les salariés (…) ceux qui ne fixent pas leurs horaires de travail, fussent-ils volontaires (…) Il faut un moment dans la semaine pour souffler, se retrouver en famille, voir des amis et faire du sport».

Les internautes de 20 Minutes partagent-ils ce sentiment? Nous leur avons posé la question. Ouvrier posté, infirmière ou employé de grande distribution, ils nous racontent leurs dimanches au travail. 

Ils sont pour: «Pas de patron, pas de circulation et des heures majorées»

DD a travaillé «posté toute sa vie». Pour cet internaute, aucun dimanche et même aucun soir de Noël de libre. Mais selon lui, c’était «un régal». «Pas de patron, pas de circulation, les heures majorées», vante-t-il par exemple. Autre avantage, deux jours de repos reportés en semaine avec «voisins partis au boulot, maison pour moi». Et surtout, «une villa payée qui me permet de passer ma retraite sans porter les pubs dans les boîtes à lettres».

Même regard du côté de cette internaute, qui a choisi comme pseudo son métier, «infirmière». «Je travaille un week-end sur deux, raconte-t-elle, les jours fériés et cette année, je passe le 24 et le 25 décembre avec mes collègues.». Différence majeure avec DD, elle n’est pas payée double. Comme beaucoup de salariés de la santé. «On n’en meurt pas, relativise-t-elle,  on organise différemment sa vie privée» et elle profite des «magasins déserts et rues commerçantes libres» en semaine.

Miranda confirme: «Moins de bouchons ou transports moins saturés, je serais plus que volontaire pour travailler le dimanche», affirme cette internaute. Et selon elle, les bonnes volontés ne manquent pas. «Des célibataires, des gens en couple avec quelqu'un travaillant en décalé, ou sans enfants, des étudiants, des chômeurs qui rêveraient de pouvoir travailler un peu, des gens avec peu de vie sociale ou qui s'en foutent, égraine-t-elle. Réglementons, aidons à faire en sorte que cela se passe bien sur la base du volontariat, mais n'interdisons pas.»

Ils sont contre: «Le dimanche on joue au foot, on regarde Drucker à la télé mais on ne va pas travailler!»

Selon Idriss, employé dans la grande distribution, le principe du volontariat est complètement illusoire. «Au début, on vous dit un sur trois, raconte cet internaute par mail. Et très vite, on vous pousse à travailler tous les dimanches.» Sans compter que selon Stéphanie, plus le travail le dimanche devient «habituel», moins les raisons de prévoir une rémunération supplémentaire ou des jours de récupération se justifient.

Peu de chances pour le moment de sortir du cadre de la dérogation. Le gouvernement a précisé ce lundi l’impératif «caractère exceptionnel» du travail le dimanche. Il agirait ainsi, d’après lekhmervert, «pour la défense de la vie sociale des salariés». «Le dimanche on joue au foot, on va à la messe, on reste en famille, on regarde Drucker à la télé mais on ne va pas travailler!» lâche cet internaute dans les commentaires.

Il aura fallu 31 ans de travail dominical à Claudine pour partager l’avis de lekhmervert. «Quand on veut faire partie de ces établissements (santé, tourisme…) qui ne nous laissent pas le choix, se souvient-elle, on accepte pour avoir le poste. En se disant qu'au bout de quinze ans,  on pourra laisser ça aux nouveaux venus.» Après finalement plus du double d’années, Claudine accuse le coup et attend la retraite, «que tout ça soit fini. Pouvoir aller au baptême du petit avec votre conjoint. Fêter Noël avec ceux que vous aimez. Accepter l'invitation aux 18 ans de votre filleul. Ne pas passer ses repos seul quand tous les autres travaillent.»