Christiane Taubira doit annoncer la construction de trois prisons

JUSTICE Ces trois établissements représentent 1.600 places...

E.O.

— 

La ministre de la Justice, Christiane Taubira, le 7 novembre 2012, à Paris.
La ministre de la Justice, Christiane Taubira, le 7 novembre 2012, à Paris. — P.WOJAZER / REUTERS

«Violation des droits fondamentaux», conditions «sans doute inhumaines». Une semaine après le rapport accablant du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) sur la prison des Baumettes, à Marseille (Bouches-du-Rhône), le gouvernement se montre déterminé à agir.

D'après La Croix, la ministre de la Justice Christiane Taubira doit signer ce jeudi les contrats de construction de trois nouvelles prisons, à Riom, près de Clermont-Ferrand, dans le Puy-de-Dôme, Beauvais, dans l'Oise, et Valence, dans la Drôme. Ces nouveaux centres pénitentiaires devraient ouvrir en 2015,  pour remplacer sept établissements vétustes. Les nouvelles prisons auront des capacités d'accueil plus grandes que les précédentes: 456 places à Valence (contre 137 aujourd'hui), 554 à Riom (377 aujourd'hui) et 594 à Beauvais (361 aujourd'hui).

Pas d’alternative entre «la crasse» et «la solitude»

Des constructions qui auraient donc avoir pour effet de répondre (un peu) au problème de la surpopulation carcérale –il y a en France 66.750 détenus pour 57.400 places– mais qui ne conviennent pas au CGLPL, qui plaide pour des prisons à plus petite échelle. «Dans ces nouvelles prisons, il y a des conditions de vie qui sont inhumaines, parce que les gens s'y sentent extrêmement seuls», a souligné Jean-Marie Delarue, le contrôleur général des prisons, au micro de France Inter. «Dans ce pays, on n' a pas fait autrement que de choisir entre la crasse des prisons d'autrefois et la solitude des prisons d'aujourd'hui», a-t-il poursuivi, estimant qu'il y avait «de meilleurs choix à faire».

Autre point polémique: le choix d’un partenariat public-privé pour financer ces nouvelles prisons. Cette solution, souvent critiquée par la gauche, permet de faire appel à un investisseur privé, en échange d’un loyer élevé, pendant plusieurs années – un système très coûteux à long terme. En juin, rappelle La Croix, Christiane Taubira elle-même s’était opposée à ce mode de financement car il «engage l’Etat sur au moins deux générations».