Il s'évade de prison pour ne pas se faire tabasser

FAITS-DIVERS Un détenu a refusé de retourner en prison par crainte de se faire tabasser par ses codétenus qui lui réclamaient de ramener la drogue dans l’établissement pénitentiaire...

A.D.

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Prison, illustration.
Prison, illustration. — BORDAS/SIPA

«J’ai dû purger pas loin de dix ans à Tours, Orléans, Fresnes, etc. Mais jamais je n’ai vécu ce que je vois à Châteaudun. Ce centre de détention, c’est un concentré de violences. Ce n’est pas la prison qui me fait peur. Ce sont les dealers à l’intérieur. Si je retourne là-bas, ils me tuent».Stéphane Raye, 35 ans, condamné pour récidive de conduite en état d'ivresse, s'est échappé le 21 novembre de la prison de Châteaudun, en Eure-et-Loir, pour sauver sa peau, explique-t-il à l’Echo Républicain.

Après avoir été passé à tabac quelques jours plus tôt par des codétenus pour avoir refusé de ramener de la drogue, il a cédé une première fois. «Des détenus m’ont massacré dans les toilettes. Trois tenaient la porte, deux se sont acharnés à coups de pied et de poing. Ils n’ont arrêté de cogner que lorsque mon front a éclaté sur un robinet et que le sang s’est mis à gicler. Ils avaient appris que j’allais bénéficier d’une permission, et me demandaient de leur rentrer du cannabis à mon retour. J’ai refusé, ils me l’ont fait payer», détaille le prisonnier.  Fin novembre, il a choisi de ne pas retourner au centre de détention. Il devait pourtant sortir fin décembre, mais il n’a pas tenu. Stéphane Raye risque désormais trois ans de prison supplémentaires.

«Si je retourne à Chateaudun, je suis mort»

Selon lui, ses codétenus auraient même menacé de s'en prendre à sa femme et à ses deux enfants. «C’est allé trop loin. Je veux rentrer en prison finir ma peine» raconte-t-il au quotidien, «Mais on fait comment? Si je retourne à Châteaudun, je suis mort. Et je n’ai pas envie que ma femme et mes enfants finissent dans un coffre de voiture».

Une insécurité que les agents de l’administration pénitentiaire dénoncent depuis longtemps. L’un va même jusqu’à décrire Stéphane comme «presque un porte-parole». «La drogue on en a toujours eu» raconte un autre surveillant qui connait le détenu, avec qui «ça se passait très bien » mais qui ne s’est «jamais plaint». Devant la caméra de l’Echo Républicain, il n’est «pas étonné» par le témoignage de Stéphane Raye.

La seule solution proposée par l'administration pénitentiaire qui a refusé que le détenu finisse sa peine dans un autre établissement est, ce mercredi soir, l'isolement à la prison de Châteaudun.