Notre-Dame-des-Landes: La justice ordonne l'expulsion des opposants

SOCIETE Le tribunal de grande instance de Saint-Nazaire avait déjà autorisé mardi la destruction des cabanes montées par les opposants au projet d'aéroport...

A Nantes, Guillaume Frouin

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Evacuation des opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes sur le site de la Châtaigneraie, le 23 novembre 2012.
Evacuation des opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes sur le site de la Châtaigneraie, le 23 novembre 2012. — FABRICE ELSNER/20 MINUTES

Le «sursis» espéré par les «chats teigneux» aura été de courte durée. Le tribunal de grande instance de Saint-Nazaire - qui avait déjà autorisé mardi le préfet à détruire les cabanes des occupants de «La Châtaigneraie» - a également donné son feu vert à leur expulsion. L’annonce en a été faite ce mercredi, par la préfecture de Loire-Atlantique. «Ces décisions disent l’état de droit, les occupants n’ont plus de protection juridique», estime-t-elle dans un communiqué.

>> La mobilisation contre le projet d'aéroport en images

La veille, les opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes avaient vu comme un «nouveau sursis» la décision de démolir leurs cabanes. Une seconde procédure d’expulsion devait en effet être engagée devant le tribunal d’instance de Saint-Nazaire pour pouvoir évacuer les terrains, selon l’un de leurs avocats. «Avant, on était sur le code de l’urbanisme, aujourd’hui on est sur le droit du logement», estimait Cyril Bouligand, un agriculteur de 33 ans, opposé au projet d’aéroport. «En pleine trêve hivernale, le préfet devra prendre ses responsabilités.» C’est finalement par le biais d’une « ordonnance sur requête» du président du TGI que la seconde décision a été prise «quelques heures plus tard» la première, selon la préfecture.

Attaques contre les gendarmes

L’annonce survient alors que deux «attaques violentes» sont à déplorer ce mercredi matin sur les forces de l’ordre. Un premier «guet-apens» a été tendu vers 8h20 par «une quarantaine d’individus», selon les services de l’Etat. «Les uns ont disposé une herse sur la route, tandis qu’un autre groupe tentait d’attaquer les gendarmes à revers», est-il précisé. Une seconde attaque a eu lieu vers 9h30, où «une cinquantaine d’assaillants casqués et munis de boucliers, de frondes et de cocktails molotov» s’en sont pris à un autre peloton de surveillance. Pendant ce temps-là, les experts de la «commission du dialogue» instaurée par le Premier ministre - et ancien maire de Nantes - Jean-Marc Ayrault sont arrivés à Nantes. Leur mission s’annonce d’ores et déjà compliquée.