Le «pousseur»du RER A dit s'être trompé de victime

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L'avenir du super métro autour de Paris sera arbitré début mars, mais en attendant qu'il soit achevé théoriquement d'ici 2025, voyageurs, élus et opérateurs des transports franciliens restent confrontés à des retards, pannes et incidents d'un système au bout de souffle.
L'avenir du super métro autour de Paris sera arbitré début mars, mais en attendant qu'il soit achevé théoriquement d'ici 2025, voyageurs, élus et opérateurs des transports franciliens restent confrontés à des retards, pannes et incidents d'un système au bout de souffle. — Thomas Samson afp.com

Ahmed Konkobo, qui comparaît devant les assises de Paris pour le meurtre d'un homme qu'il a poussé contre un RER en avril 2010, a indiqué ce mercredi s'être trompé de victime car «il l'avait pris pour un autre».

Le 2 avril 2010 peu avant 6h du matin, à la station de RER Gare de Lyon où il était descendu «pour uriner», a-t-il expliqué à la cour, il avait eu une première altercation, attestée par les enregistrements de vidéosurveillance, avec un homme d'origine indienne qui attendait une rame avec son vélo.

«Au moment où je voulais pisser il me regardait et ne me lâchait pas des yeux», a raconté Ahmed Konkobo en guise de justification. «Il y a eu un échange de coups» et puis «j'abandonne la bagarre», a-t-il dit encore. L'enregistrement vidéo montre que l'homme agressé parvient à se dégager et monte dans le RER.

«C'est grave ce qu'on a vu?»

L'agression de Subramaniam Rasalingam, un agent de nettoyage de 51 ans, a eu lieu peu après. La vidéo montre Ahmed Konkobo donnant un violent coup de pied à la victime attendant le RER en bout de quai, les mains dans les poches.

«Je n'ai pas entendu le RER, je lui ai donné un coup de pied sans vouloir le pousser», a tenté d'expliquer l'accusé. «Je l'ai pris pour quelqu'un d'autre, je l'ai pris pour la première victime». Plus tard, face à l'avocat général qui lui demandait: «c'est grave ce qu'on a vu?» (sur les images, ndlr), Ahmed Konkobo a répondu: «oui».

Séjours en hôpital psychiatrique

L'accusé avait consommé de la bière dans les heures précédentes. «Si je n'avais pas bu ce matin, ce ne serait pas arrivé». Suivi depuis 2005 après avoir été diagnostiqué schizophrène, Ahmed Konkobo, 31 ans, a fait plusieurs séjours en hôpital psychiatrique. Il avait interrompu son traitement quelques mois avant les faits.

Dix jours avant le drame, sa mère avait demandé au psychiatre qui suivait son fils de l'interner mais le médecin avait refusé l'hospitalisation. Il sera entendu mercredi après-midi.