Marseille: Un père et ses deux fils interpellés pour l'assassinat d'une avocate

ENQUETE Un des trois hommes était client de l'avocate tuée...

avec AFP

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Moins de 15 jours après ce meurtre qui avait profondément ému le milieu judiciaire marseillais, les enquêteurs de la PJ et les techniciens de la police scientifique et technique exploitent des "choses très intéressantes", selon une source proches de l'enquête.
Moins de 15 jours après ce meurtre qui avait profondément ému le milieu judiciaire marseillais, les enquêteurs de la PJ et les techniciens de la police scientifique et technique exploitent des "choses très intéressantes", selon une source proches de l'enquête. — Anne-Christine Poujoulat afp.com

Un père et ses deux fils ont été interpellés ce mercredi à Marseille, dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat d'une avocate retrouvée poignardée le 30 novembre dans le centre ville, qui comptait l'un des trois hommes dans sa clientèle.

«Il y a trois gardes à vue dans l'affaire de l'homicide de Me Raymonde Talbot», a déclaré à l'AFP le procureur de la République Jacques Dallest, qui n'a pas en revanche confirmé ni infirmé qu'un ancien client figurait parmi les suspects, comme l'assure une source proche de l'enquête. Des perquisitions ont été effectuées dans la matinée au domicile des trois hommes, en leur présence, dans la cité tranquille de La Maurelette (15e arrondissement), située dans les quartiers nord de Marseille, a précisé le parquet.

«Pas sûr qu'on ait affaire au coupable»

La garde à vue du père, âgé de 53 ans, et de ses deux enfants d'une vingtaine d'années, peut durer jusqu'à vendredi matin. «On a quelques suspicions à leur encontre, il faut maintenant déterminer si ces suspicions deviendront des charges plus importantes (...) On n'est pas sûr qu'on ait affaire au coupable», a souligné Jacques Dallest, sans souhaiter donner plus de détails à ce stade de l'enquête.

L'avocate de 66 ans avait été retrouvée par son associé, mortellement poignardée dans son cabinet de la rue Saint-Ferréol, tout près du Vieux-Port. Une information judiciaire a été ouverte lundi «du chef d'homicide volontaire en concomitance avec le crime de vol avec arme».

En fonction des «indices» collectés et des objets saisis, «certains des suspects peuvent être remis en liberté, d'autres présentés» devant les deux magistrats instructeurs codésignés dans cette affaire, a ajouté le procureur.

Une avocate «très discrète et très compétente, appréciée de tous»

Le lendemain du meurtre, Jacques Dallest avait notamment évoqué la possibilité qu'il soit le fait d'«un client vindicatif, (d')une personne qui n'est pas un client mais qui est impliquée dans un dossier, (ou d')un rôdeur qui en veut à l'argent». Ce drame avait provoqué une vive émotion au sein de la profession. Des rassemblements ont eu lieu à Marseille, et une minute de silence a été observée le 4 décembre à l'ouverture de chaque audience par tous les avocats de France en hommage à leur consoeur.

Selon le bâtonnier de la ville, Jérôme Gavaudan, Me Raymonde Talbot, spécialisée en droit de la famille, était une avocate «très discrète et très compétente, appréciée de tous», «une avocate du quotidien» qui exerçait dans la cité phocéenne «depuis plus de trente ans».