SNCFTurbulences: Une plateforme pour râler contre la SNCF

Propos recueillis par Aurélie Delmas

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Des usagers de la SNCF attendent d'avoir des information sur le trafic sur le réseau à la gare de l'Est le 3 avril 2012.
Des usagers de la SNCF attendent d'avoir des information sur le trafic sur le réseau à la gare de l'Est le 3 avril 2012. — Alexandre Gelebart / 20 Minutes

En réaction aux changements d’un quart des horaires de la SNCF annoncés le 9 décembre, l’Association des voyageurs-usagers des chemins de fer (Avuc) a lancé une plateforme Internet, SNCFTurbulences, où les usagers des trains peuvent déposer leurs doléances. Les passagers «en galère» peuvent y faire part de leur ras-le-bol et l’association fera remonter leurs plaintes à la SNCF. «20Minutes» a interrogé Willy Colin, porte-parole de l’AVUC sur ce projet.

Qu’est-ce qui a motivé la création de la plateforme SNCFTurbulences?

Notre association défend les usagers des trains depuis longtemps. L’an dernier, nous avions mené une opération similaire, «Bigbangbigbug», grâce à laquelle des centaines d’usagers avaient pu témoigner de leurs galères. Cette année encore, la SNCF change une partie de ses horaires en prétextant de travaux. En réalité, on modifie les horaires aussi pour donner plus de place aux trains commerciaux et aux trains de marchandises et de moins en moins aux trains de service. D’ailleurs les zones où l’on rencontre le plus de problèmes ne correspondent pas toujours aux zones de travaux.

Comment fonctionne la plateforme?

Les usagers qui ont des doléances peuvent témoigner sur la plateforme de retards, de ruptures de correspondances, de fermetures de desserte… En lien ou pas avec les changements d’horaires. Cela peut être aussi un moyen de se plaindre des horaires inadaptés aux besoins des travailleurs ou des étudiants. Car nous nous adressons avant tout aux utilisateurs du quotidien. Chaque usager qui souhaite témoigner laisse son identité et son courriel, le numéro de la ligne et le type de train sur lequel il a rencontré un problème, et il explique sa difficulté. Nous recensons déjà plusieurs dizaines de témoignages.

Quels sont les territoires les plus touchés?

Le Jura, l’Auvergne, le Massif Central sont particulièrement concernés. Il s’agit de trains d’équilibre du territoire qui sont en sursis et qui disparaitront s’il n’y a pas de résistance.

Quel est l’objectif de cette plateforme?

D’ici le mois de février, nous rendrons publique une synthèse de ces doléances, comme une photographie des dysfonctionnements. Pour nous, il s’agit d’une base citoyenne car le lien de confiance avec la SNCF est altéré et la SNCF ne joue plus son rôle dans l’aménagement du territoire. Nous transmettrons nos conclusions à Guillaume Pépy, ou son successeur, dans l’espoir qu’il remédie à ces dysfonctionnements.