Vincent Peillon lance sa campagne de recrutement d'enseignants

EDUCATION Le déficit de postes est particulièrement criant en mathématiques, en anglais et en lettres...

Delphine Bancaud
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Vincent Peillon, ministre de l'Education nationale  à Lille, le 15 novembre 2012.
Vincent Peillon, ministre de l'Education nationale  à Lille, le 15 novembre 2012. — MIKAEL LIBERT/20 MINUTES

«Nous cherchons les nouveaux “hussards noirs de la République”», lançait Vincent Peillon en juillet, appelant les étudiants à embrasser la carrière d’enseignant. Une démarche qu’il réitérera ce lundi en lançant la campagne nationale de recrutement des enseignants. Un appel aux vocations d’autant plus fort qu’entre 2011 et 2012, le nombre d’inscrits au Capes a chuté de 30%. Pas moins de 706 postes sont ainsi restés vacants, faute de candidats.

Le déficit est particulièrement criant dans certaines disciplines (mathématiques, anglais et lettres). Un manque d’attractivité du métier dû à sa dévalorisation sociale ces dernières années, aux conditions d’exercice difficiles, et… aux rémunérations peu élevées des enseignants. «En France, le salaire d’entrée dans le métier est inférieur de 17% à celui pratiqué dans la moyenne des pays de l’OCDE. Or, en primaire, les enseignants français travaillent 918 heures par an contre 782 dans la moyenne des pays de l’OCDE», constate Eric Charbonnier, expert «éducation» à l’OCDE.

18.000 emplois d’avenir

Pour prévenir le manque de vocations, plusieurs pays ont notamment veillé à augmenter régulièrement le salaire de leurs enseignants. «De 2000 à 2010, la plupart des pays de l’OCDE ont revalorisé leur rémunération. La France et le Japon sont les seuls à ne pas
l’avoir fait», souligne Eric Charbonnier.

Pour faire face au manque d’enseignants, le gouvernement britannique a même alloué ces dernières années des primes aux étudiants se formant au métier d’enseignant dans des disciplines en tension. Vincent Peillon proposera, quant à lui, 18.000 emplois d’avenir professeurs entre 2013 et 2015 à des étudiants en deuxième année de licence se destinant à une carrière dans l’enseignement.

Mais, en période de restriction budgétaire, pas question pour l’instant de revaloriser les salaires de tous les enseignants. Pour susciter des vocations, le ministre devrait donc plutôt miser sur la nouvelle formation initiale des enseignants, qui sera mise en oeuvre à la rentrée 2013, via les Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation.

43.000 postes en deux ans
En 2013, 22.100 postes d’enseignants seront ouverts aux concours externes et 21.350 en 2014. L’an dernier, 16.000 postes avaient été ouverts aux concours externes. Sur le cinquennat, 60.000 postes seront rétablis.