Le jour où la scission a été actéeLa conférence des « non-alignés » qui refusent l'enlisement et le statu quo

matthieu goar

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Jean-François Copé et François Fillon n'en finissent plus de se rencontrer. Et l'UMP n'en finit plus de s'enfoncer. Après s'être vus deux fois lundi, les deux prétendants ont dialogué à nouveau, mardi soir, pendant près d'une heure dans le bureau du député-maire de Meaux. Sans résultat. Ni l'ultimatum de Nicolas Sarkozy, qui touchait à sa fin mardi soir, ni l'agacement des non-alignés (lire ci-contre), ni l'exaspération des militants n'ont poussé les deux rivaux à trouver un compromis sur la date d'un vote.
A l'Assemblée, la journée de mardi n'a fait au contraire qu'aggraver le fossé entre les deux camps. Le matin, Fillon et Christian Jacob, copéiste, se sont retrouvés à la conférence des présidents qui réunit les chefs des groupes du Palais-Bourbon. L'ancien Premier ministre y participe en tant que président du Rassemblement-UMP (R-UMP), son groupe de députés sécessionnistes. Jacob en tant que patron du groupe UMP historique. « Au vu de la tête qu'ils faisaient tous les deux, ils n'avaient pas l'air ravis de la situation. Nous, nous avions l'impression d'être des membres de la Cocoe », ironise le vice-président écologiste de l'Assemblée, Denis Baupin. Au cœur de cette « guerre armée », la gauche dénonce une « instrumentalisation » du Parlement, théâtre des conflits d'un parti. Dans les couloirs de la République, les deux clans de l'UMP, eux, comptent leurs soutiens. Si 122 députés sont restés fidèles au groupe UMP, 72 députés ont rejoint le R-UMP. Salle des Quatre Colonnes, les fillonistes jettent de l'huile sur le feu. « On pourrait très bien s'habituer à cette situation », ironise l'un d'entre eux, rejoint par Lionel Tardy : « [Dans l'ancien groupe], il y a un certain nombre de choses qui ne convenaient pas à tous les députés. » Le député de Haute-Savoie évoque une « fracture politique » et se réjouit que chacun puisse dorénavant s'exprimer avec « sa sensibilité ». Officialisé, le R-UMP dispose maintenant d'un temps de parole. Dès mercredi après-midi, deux députés fillonistes pourront donc poser deux questions quand le groupe UMP historique en posera quatre. « Je ne peux pas me résoudre à une scission durable. La solution se trouvera loin des micros et des caméras », explique Christian Jacob. Peut-être dans le huis clos de la nouvelle rencontre entre Copé et Fillon, prévue ce mercredi.Ils ont peur que la situation « se fige », « s'enkyste ». Mardi, Nathalie Kosciusko Morizet et Bruno Le Maire, deux figures des « non-alignés », ont tapé du poing sur la table. Dans un communiqué, puis lors d'une conférence de presse, ils ont réclamé la tenue d'une nouvelle élection pour la présidence de l'UMP au printemps 2013. « En 2014, ce sera trop tard. Nous sommes des résistants de l'unité », a déclaré l'ancien ministre de l'Agriculture fatigué de sentir l'« exaspération des militants ». Ce groupe, qui publiera une tribune dans Le Figaro, en appelle au conseil des sages de l'UMP pour organiser ce nouveau scrutin. « Nous ne voulons pas de ce statu quo, nous voulons rester unis », a expliqué Kosciusko-Morizet, inquiète de constater la scission de sa famille à l'Assemblée. NKM et Le Maire avaient un moment envisagé de se présenter eux-mêmes à la présidence de l'UMP. « Ces prétendus “non alignés” veulent ouvrir une nouvelle course électorale qui leur permette de prendre le départ », a ironisé sur son blog Frédéric Lefebvre, lui aussi neutre.M. GO.