Affaire Merah: Le gitan arrêté nie être le «troisième homme»

JUSTICE L'homme arrêté avec son ex-compagne dans l'affaire Merah, nie être le «troisième homme»...

William Molinié avec A.D.

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Photo montrant Mohamed Merah, l'auteur présumé des tueries de Toulouse et Montauban en mars 2012.
Photo montrant Mohamed Merah, l'auteur présumé des tueries de Toulouse et Montauban en mars 2012. — SIPA

La thèse du «loup solitaire» avancée par Bernard Squarcini, ancien patron des services de renseignements, s'effrite à mesure que les investigations sur l'affaire Merah progressent. Mardi, les policiers de la sous-direction antiterroriste (SDAT) et de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) ont interpellé au petit matin, sur commission rogatoire des juges parisiens, deux individus à leur domicile. Placés en garde à vue pour une durée maximale de 96 heures, ils sont soupçonnés de «complicité» dans cette affaire. Mercredi matin, le gitan gardé à vue a toutefois nié être le «troisième homme».

L'ombre du «troisième homme»

Cet homme et son ex-compagne, tous deux nés en 1974, ont été arrêtés à leur domicile. Le premier, un gitan sédentaire converti à l'islam, résidait «entre Albi et Castres» et la seconde, à Toulouse, selon une source judiciaire contactée par 20 Minutes. Ces interpellations surviennent quelques jours après l'audition d'Abdelghani Merah, le frère aîné du tueur au scooter, qui, selon les familles des victimes, «détenait des informations sur d'éventuels complices».

D'après une source proche de l'enquête, cet individu de la communauté des gens du voyage aurait «apporté une aide à Merah dans la commission des faits». Son ex-compagne aurait, de son côté, «pu savoir mais n'avoir rien dit». Les policiers tentent de savoir si cet homme, connu de leurs services pour «neuf faits de droit commun», est le fameux «troisième homme», dont Abdelkader Merah leur avait parlé en garde à vue, sans jamais «lâcher» son nom.

Cet individu aurait été présent lors du vol du scooter qui avait été utilisé en mars par Mohamed Merah lors des tueries de Toulouse et Montauban. Mais selon Abdelkader, seul mis en examen à ce jour pour «complicité», personne ne connaissait les plans de son frère. Les enquêteurs cherchent aussi à savoir si cet individu a participé à des cambriolages dans la région en présence de Mohamed Merah. Car lors des échanges avec les négociateurs du Raid, ce dernier avait reconnu qu'il s'était procuré son arsenal d'armes grâce à «l'argent des braquages».

Interrogé mercredi matin, Me Pierre Alfort, l'avocat du couple, a affirmé à l'AFP: «Je lui ai posé la question. Bien évidemment, il m'a indiqué qu'il n'était pas présent», a-t-il dit après un premier entretien avec son client. «Absolument», a-t-il répondu à l'AFP qui lui demandait si son client niait donc être le «troisième homme».

L'avocate du père de Merah se retire

Me Zahia Mokhtari, l'avocate algérienne du père de Mohamed Merah, a indiqué mardi s'être retiré du dossier Merah depuis le 19 novembre. Elle avait déposé une plainte le 11 juin pour «meurtre» contre la police. Elle avait auparavant promis de transmettre à la justice des vidéos qu'elle aurait visionnées et dans lesquelles Mohamed Merah aurait déclaré avoir été manipulé par les services de renseignement français.