SNCF: Hausse des amendes, nouvelles sanctions... Des méthodes qui fonctionnent?

TRANSPORTS Pour les associations d'usagers des transports, les solutions sont ailleurs...

Corentin Chauvel

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Un quai de la gare Saint-Lazare, où partent et arrivent les Transiliens.
Un quai de la gare Saint-Lazare, où partent et arrivent les Transiliens. — VALINCO/SIPA

La SNCF a déclaré la guerre aux incivilités dans ses trains à travers un plan d’action de grande échelle. Outre une campagne d’affichage et une nouvelle batterie de sanctions, revues à la hausse, la compagnie ferroviaire a prévu notamment de former des agents à la prévention des incivilités ainsi que l’embauche d’une centaine d’emplois d’avenir pour faire de la médiation. Mais ces mesures vont-elles vraiment changer les comportements déviants?

Contactées par 20 Minutes, les associations d’usagers saluent l’initiative, car «les incivilités (usage du téléphone, de la cigarette, etc.) augmentent – à défaut de se généraliser», mais restent tout de même sceptiques sur son efficacité. «Cela peut faire réfléchir les gens, surtout ceux qui commettent ces incivilités par défi, mais ce problème dépasse largement le cadre des transports car il n’y en pas plus dans les trains qu’ailleurs», estime Gilles Durand, porte-parole de l’Association des usagers des transports (AUT), branche francilienne de la FNAUT.

«Mettre des amendes, c’est la solution extrême»

«Des gens qui crachent ou urinent, il y en a aussi dans la rue, c’est une question d’éducation», illustre-t-il. L’éducation justement, c’est ce que préconise Gilles Durand plutôt que la répression avec une hausse des amendes et de nouvelles sanctions. «Mettre des amendes, c’est la solution extrême, je suis plus pour un rappel à la règle que pour une verbalisation, et c’est ce que font une majorité d’agents de la SNCF qui sont quand même assez sévères», explique-t-il.

L'Association des usagers des chemins de fer (Avuc) est plus radicale et appelle surtout à une plus forte présence d’agents SNCF dans les trains. «En général, les amendes ne sont pas payées et on laisse faire. Il faut mettre plus de moyens humains car, sans agents, vous allez décourager l’usager de prendre le train, ce n’est pas une caméra qui va rappeler les bonnes règles», souligne Willy Colin, porte-parole de l’Avuc, joint par 20 Minutes. «Dans le dernier train quotidien Paris-Chartres-Le Mans, il n’y a pas de contrôleur et on assiste à n’importe quoi: les gens se droguent, resquillent...» raconte-t-il.

La SNCF aussi pointée du doigt

L’embauche d’une centaine de médiateurs sociaux ne satisfait pas pour autant Willy Colin. «On est dans le symbolique, une centaine de personnels, ce n’est rien par rapport au nombre de voyageurs», persifle-t-il. Toujours dans la nuance, l’Avuc répète qu’elle n’est «pas contre» le plan d’action de la SNCF, mais n’oublie pas non plus de renvoyer la compagnie ferroviaire à ses responsabilités. «Malheureusement, ces problèmes sont parfois provoqués par des situations de stress (retards, absence d’information, etc) récurrentes qu’elle génère», juge Willy Colin qui signale aussi le comportement parfois déplacé du propre personnel de la SNCF. 

L’AUT rejoint l’Avuc sur ce point. «Le matériel évolue, mais, par exemple, il n’y a plus de toilettes dans certains trains parce qu’il y a une perspective de pouvoir loger le plus de monde possible. C’est une erreur et ça implique des comportements irrespectueux», indique Gilles Durand. Contactée par 20 Minutes, la SNCF n’a pas été en mesure de nous rappeler.

Et vous, qu'en pensez-vous? Avez-vous été témoin d'incivilités? Etes-vous satisfaits des mesures proposées par la SNCF? Donnez-nous votre avis dans les commentaires ou à l'adresse reporter-mobile@20minutes.fr

Quelles sanctions?

Le Parisien détaille ce mardi les amendes encourues dans les trains de la SNCF. Certaines sont nouvelles, d’autres ont été revues à la hausse. En ce qui concerne les titres de transport en Ile-de-France, l’amende est de 40 euros en cas de resquillage et 25 euros si le titre n’est pas valable. Vingt-huit euros sont ajoutés en cas de paiement différé.

Côté incivilités à l’intérieur des wagons, poser ses pieds sur la banquette coûte 45 euros, fumer 68 euros et tirer le signal d’alarme sans raison de 165 à 700 euros. Pour la dégradation de matériel, l’amende va de 144 euros pour un dégât léger à 45.000 euros et trois ans de prison pour un dégât grave.