Béthune: Le procès de la légionellose s'ouvre lundi

avec Sipa

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Le procès de l'épidémie de légionellose qui fit 18 morts en 2003-2004 dans la région de Lens s'ouvrira lundi devant le tribunal correctionnel de Béthune (Pas-de-Calais), a-t-on appris mardi de source judiciaire. Les audiences se dérouleront tous les après-midi jusqu'au 21 décembre. Sont cités trois prévenus pour blessure et homicides involontaires: la société Noroxo, son ancien directeur Johnny Malec et la branche française de l'entreprise GE Water & Process Technologies, en charge de l'entretien des tours aéroréfrigérantes du site Noroxo.

Ce procès fait suite à une épidémie de légionellose, qui a touché 86 personnes dans la région de Lens en 2003 et 2004, dont 18 ont succombé à une pneumopathie grave. Selon la justice, les tours aéroréfrigérantes de l'usine pétrochimique projetaient à 20km des micros-particules contenant la bactérie Légionella pneumophilia, à des taux 700 fois supérieurs aux normes autorisées. La légionellose est une maladie infectieuse due à cette bactérie qui se développe dans les milieux tièdes et humides.

Obtenir une reconnaissance

Depuis neuf ans, victimes de la légionellose et familles de victimes se battent pour démontrer la responsabilité des dirigeants de l'usine située à Harnes, entre Lens et Carvin. En 2007, elles avaient eu en partie gain de cause auprès de la CIVI (Commission d'indemnisation des victimes d'infraction), en recevant plusieurs indemnisations.

Parmi eux, François Delaby attend ce procès avec impatience. Son père est mort en décembre 2003 des suites d'une pneumopathie grave. «On attend un bon déroulement de ce procès, une reconnaissance et un statut de victime pour les malades et les personnes décédées. Cela ne me ramènera pas nos proches mais on est tous conscients qu'ils sont responsables. Les taux de contamination de l'époque l'indiquent et, malgré cela, ils ont continué à faire tourner l'entreprise», dénonce celui qui préside l'Association des victimes de l'épidémie de légionellose de Lens (AVELL).

Rachetée en 1988 par Exxon/Mobil, la société Noroxo fabriquait des alcools et des acides principalement utilisés dans les secteurs de l'automobile et du bâtiment. Elle employait près de 160 salariés avant d'être démantelée en 2010.