LGV Lyon-Turin, des rails au ring

Matthieu Goar

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A Lyon, lundi, il y a eu les signatures officielles et les poignées de main. En présence de François Hollande et Mario Monti, les ministres des Transports des deux pays ont relancé le projet ferroviaire de la liaison Lyon-Turin, un projet à 26,1 milliards d'euros. « Bien sûr, c'est cher, mais regardez ce qu'il s'est passé pour le tunnel sous la Manche. On voit aujourd'hui que des régions comme celle du Nord-Pas-de-Calais repartent de l'avant parce qu'il y a eu ce type de réalisation », a assuré le maire de Lyon, Gérard Collomb.
Un nouveau Notre-Dame-des-Landes ?
En marge de cette cérémonie officielle, les opposants au projet ont défilé dans les rues de Lyon. Comme en Italie où les « No Tav » (« Non au TGV ») sont très actifs depuis vingt ans, une coalition de mécontents se constitue en France. Des syndicats agricoles, le Parti de gauche, quelques élus UMP, mais aussi les écologistes commencent à s'organiser. Si les Verts se sont d'abord prononcés en faveur de cette liaison, qui permet de renforcer le fret ferroviaire, ils y sont aujourd'hui farouchement opposés.
« Ce n'est pas une opposition de principe, car nous sommes bien entendus favorables à des solutions de ferroutage, mais la ligne actuelle peut être largement améliorée », plaide Pascal Durand, secrétaire national d'EELV. Selon les estimations des Verts, celle-ci ne voit transiter que 4 millions de tonnes de fret par an pour une capacité de 15 millions. Un déficit dû au manque d'attractivité, répondent les défenseurs du projet, qui expliquent que le trajet dure actuellement sept heures, contre quatre heures à la fin des travaux. Dans leur combat, les opposants ont pu compter sur l'appui de la Cour des comptes, qui a dénoncé le coût global du projet qui ne cesse d'enfler (12 milliards d'euros en 2002, 26,1 milliards en 2012).
Face à la volonté du gouvernement, l'opposition semble déterminée, ce qui pourrait transformer ce projet en un nouveau Notre-Dame-des-Landes. « Nous sommes respectueux de l'indépendance des associations. Une mobilisation citoyenne ne se décrète pas, mais je l'imagine très bien et je l'espère », détaille Pascal Durand.