Vincent Peillon veut accrocher les décrocheurs

EDUCATION Le ministre présente ce mardi un plan sur le sujet du décrochage scolaire...

Delphine Bancaud

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Vincent Peillon, ministre de l'Education nationale  à Lille, le 15 novembre 2012.
Vincent Peillon, ministre de l'Education nationale  à Lille, le 15 novembre 2012. — MIKAEL LIBERT/20 MINUTES

Réussira-t-il là où les autres gouvernements se sont cassé les dents? François Hollande s'est fixé l'objectif de réduire de moitié, d'ici à la fin du quinquennat, le nombre de jeunes quittant le système éducatif sans diplôme, évalué à 140.000 chaque année par le ministère de l'Education nationale. Une ambition à laquelle tentera de répondre le ministre de l'Education, Vincent Peillon, qui présente ce mardi un plan de lutte contre le décrochage scolaire. Des annonces qui visent avant tout à démontrer la volonté d'action politique sur ce dossier brûlant, selon Christian Chevalier, secrétaire général du SE-Unsa, «car le coût social des décrocheurs est très élevé. On les retrouve souvent dans la cohorte des chômeurs et des bénéficiaires du RSA».

Renforcer l'accompagnement

Pour prévenir le décrochage, la sociologue de l'éducation Marie Duru-Bellat suggère quant à elle d'intervenir dès l'école primaire, en épaulant les élèves les plus en difficulté. Pour Maryse Esterle, sociologue et enseignant chercheuse à l'université d'Artois, il faut aussi «repérer les mauvais lecteurs en 6e et leur proposer un soutien scolaire ou un programme de formation particulier pour les aider à combler les lacunes». La sociologue suggère aussi d'attribuer aux élèves susceptibles de décrocher «un tuteur enseignant pour suivre leur scolarité et les remotiver».

Autre idée: augmenter les places dans les lycées alternatifs ou les écoles de la seconde chance, «même si cela coûte cher», souligne Marie Duru-Bellat. Pour elle, il est aussi impératif de «supprimer l'orientation subie», cause d'échec et d'abandon de l'école pour de nombreux élèves. Enfin, pour Marie Duru-Bellat, il faut également «revaloriser les filières professionnelles et développer l'alternance ainsi que les pré-embauches pour que les jeunes aient le sentiment que leur formation les prépare vraiment à la vie active». Des solutions qui «porteront leurs fruits sur plusieurs années», prévient Maryse Esterle.

Des plans qui se succèdent...

«Beaucoup de mesures ont déjà été prises sur le sujet, mais elles manquaient de coordination et n'ont pas souvent été évaluées», souligne Maryse Esterle. Ainsi, l'efficacité des plates-formes de suivi et d'appui aux décrocheurs mises en place par Luc Chatel en 2011 n'a pas été mesurée.

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