Une rupture causée par de multiples facteurs

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Chaque année selon le ministère de l'Education nationale, 140 000 jeunes sortent du système éducatif sans diplôme. Selon le système interministériel d'échanges et d'informations mis en place en 2011 par l'ancien ministre de l'Education, Luc Chatel, 80 % des décrocheurs ont entre 16 et 19 ans, et 55 % d'entre eux sont des garçons. La moitié d'entre eux sont issus de la voie professionnelle et un quart de l'enseignement général et technologique. Et selon Maryse Esterle, sociologue et enseignante chercheuse à l'université d'Artois, « les décrocheurs sont souvent issus des catégories défavorisées. Pour certains, l'école implique une rupture trop importante avec ce qu'ils font chez eux. D'autres sont mobilisés par des problèmes familiaux… ».

La fin du collège, période critique
Les classes de troisième et de seconde apparaissent comme un moment charnière, propice à la rupture scolaire, selon une étude de l'Afev (Association de la fondation étudiante pour la ville) réalisée d'avril à juin 2012 par Trajectoires auprès de 186 jeunes décrocheurs en processus de raccrochage. Ainsi, 32 % des sondés ont commencé à ne plus aller en cours régulièrement durant la classe de seconde et 17 % pendant la classe de troisième. Interrogés sur les facteurs qui leur ont fait quitter l'école, plus d'un tiers des sondés citent le découragement lié aux mauvais résultats scolaires et à l'incompréhension du sens de l'école (cité respectivement par 35 % et 30 % des sondés). Une partie importante d'entre eux mentionnent en outre un problème personnel (37 %), qui peut parfois intervenir comme un déclencheur dans un parcours déjà chaotique.d. b.