Des membres de l'ONG «Arche de Zoé», dont Emilie Lelouch et Eric Breteau (à gauche), le 26 octobre 2007 à Adeche (Tchad)
Des membres de l'ONG «Arche de Zoé», dont Emilie Lelouch et Eric Breteau (à gauche), le 26 octobre 2007 à Adeche (Tchad) — AFP

JUSTICE

Arche de Zoé: Un procès sans les principaux acteurs de l'affaire

Le procès de l'ONG s'ouvre ce lundi à Paris, sans Eric Breteau et Emilie Lelouch, les deux instigateurs du projet...

Ils ont le sentiment de ne pas avoir été écoutés. Ni par les médias, ni par la justice. Surtout, «ils craignent que le même phénomène ne se reproduise devant le tribunal», selon leur avocate, interrogée par L’Express. Résidant aujourd’hui en Afrique du Sud, Eric Breteau et sa compagne, Emilie Lelouch, seront donc absents, ce lundi, lors de l’ouverture du procès de l’Arche de Zoé devant le tribunal correctionnel de Paris.

Responsables de l’association, ils avaient monté, en 2007, une rocambolesque expédition afin de faire venir en France 103 enfants présentés comme orphelins du Darfour (Soudan).

Un procès utile?

Poursuivis pour «escroquerie», «exercice illégal de l’activité d’intermédiaire pour l’adoption» et «aide à l’entrée et au séjour irrégulier en France», seuls quatre membres de l’association seront sur le banc des prévenus, ce lundi. «Eric Breteau et sa compagne sont les deux principaux protagonistes. Leur absence est donc ennuyeuse, confie à l’agence Sipa Jean-Claude Guidicelli, l’avocat du médecin Philippe Van Winkelberg. Je m’interroge sur l’utilité de ce procès.»

Arrêtés sur le tarmac d’un aéroport alors qu’ils s’apprêtaient à embarquer 103 enfants couverts de faux pansements, les membres de l’Arche de Zoé ont déjà été condamnés à huit ans de travaux forcés au Tchad. Leur peine avait été commuée en huit ans de prison en France avant qu’ils ne soient finalement graciés par le président tchadien.

A l’image du pompier Dominique Aubry, certains membres de l’association ont décidé de se constituer partie civile. «Eric Breteau a manipulé tout le monde, lâche Olivier Dessandre-Navarre, son avocat. J’espère que le procès le démontrera.» Les 358 familles qui avaient payé l’association pour accueillir les enfants, aussi. Les prévenus encourent des peines allant de un à dix ans de prison.

Les enfants étaient-ils vraiment orphelins?

D’après une enquête menée par l’Unicef et la Croix-Rouge, 85% des enfants que transportait l’Arche de Zoé n’étaient pas orphelins. Transformé en comité de soutien, le site Internet de l’association continue à prétendre le contraire, dénonçant «les mensonges de l’Unicef».