CFDT: Laurent Berger élu secrétaire général ce mercredi

SYNDICAT Il succède à François Chérèque...

Avec Sipa

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Laurent Berger remplace François Chérèque à la tête du syndicat.
Laurent Berger remplace François Chérèque à la tête du syndicat. — PRM / SIPA

Comme prévu depuis plusieurs semaines, Laurent Berger, 44 ans, a été élu secrétaire général de la CFDT ce mercredi soir par le Bureau national de la confédération. Il remplace à ce poste François Chérèque, 56 ans, qui quitte ses fonctions après dix ans à la tête de l'organisation syndicale.

L'élection a eu lieu peu avant 20h à l'issue de la première journée de l'assemblée générale de la CFDT réunissant un millier de représentants des syndicats qui composent la confédération. L'assemblée générale doit poursuivre ses travaux jeudi à la Mutualité à Paris.

Une CFDT «apaisée»

«Dix ans à la tête de la CFDT, c'est enthousiasmant, enrichissant mais également épuisant. A 56 ans, j'aspire aussi à évoluer professionnellement et à retrouver un peu de tranquillité personnelle et familiale», déclarait il y a quelques semaines, François Chérèque. Laissant une CFDT «apaisée» et forte de quelque 800.000 militants, selon son successeur Laurent Berger, François Chérèque devrait rejoindre l'Igas (Inspection générale des affaires sociales) début janvier.

Inconnu du grand public jusqu'à ces dernières semaines, homme de dossiers et de négociations, Laurent Berger (44 ans) a débuté son parcours militant à la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) avant d'intégrer l'Union locale CFDT des Pays-de-Loire en 1996. Secrétaire général de l'Union régionale, il intègre en 2003 le bureau national de la CFDT. Remarqué par la direction confédérale, il est élu à la commission exécutive (le parlement du syndicat) en juin 2009 et négocie avec le patronat les accords interprofessionnels sur l'emploi. Il était secrétaire général adjoint de la confédération depuis 2012.

«Il n'y aura pas de changement de ligne à la CFDT»

Le nouveau patron de la CFDT entend maintenir la ligne d'un syndicat «réformiste», porteur des attentes des salariés dans toute leur diversité, dans les petites comme les grandes entreprises. «Il n'y aura pas de changement de ligne à la CFDT», a-t-il déclaré. «Tout le monde a compris que j'avais une grande convergence de vue avec François sur les objectifs politiques», dit celui qui considère que la négociation est «un élément du rapport de force», et qu'il faut avoir le «courage» de s'engager sur «un compromis qui nous semble positif pour les salariés».

Il estime que des réformes permettant d'accompagner les évolutions du marché du travail sont acceptables dès lors qu'elles apportent aussi de nouveaux droits aux salariés. En clair: la flexibilité peut se concevoir pour passer la crise à condition que le salarié soit mieux protégé. Attaché à une remise à plat des régimes de retraites pour rechercher plus d'équité, il s'attend également à une mutation du financement de la protection sociale, les branches famille et santé devant être financées plus par l'impôt et moins par le travail.